La fracture séparant les âges et le conflit intergénérationnel que vit notre société, ont été illustrés par une ?uvre théâtrale présentée, jeudi, sur les planches de la maison de la culture de la ville de Tamanrasset. Ecrite par le scénariste de l'Ahaggar, Abdelhadi Dahdouh et réalisée par le jeune dramaturge Bouzid Goumiche, la pièce théâtrale L'égaré se veut ainsi une invitation à un voyage unique entre deux voix, deux regards et deux époques qui expliquent l'ampleur du fossé existant entre l'ancienne et la nouvelle génération. Une nouvelle génération qui a perdu le chemin de la raison et l'ancienne qui s'oppose avec acharnement à toute forme de nouveauté dont elle ne reconnaît plus les principes hérités de ses ancêtres. Sur scène, ils sont deux. Deux hommes, Ahmed (Bouzid Goumiche) issu de cette génération nouvelle et Salah (Mohammed Dekouri) qui représente une génération en total désaccord avec la modernité. Deux comédiens qui appartiennent à des générations que tout sépare. Par leurs voix, leurs expressions corporelles et les objets de cette histoire, ils vont revisiter la courte existence de "l'égaré", qui essaie, tant bien que mal, de rétablir le dialogue entre le passé et le présent en croisant les regards sur deux époques totalement différentes que le réalisateur a si bien illustrées par la disposition scénique de cette tragicomédie. Le message des comédiens qui ont réussi à rassembler les fragments de leur vie pour en faire un joli tableau théâtral palpitant au rythme du récit, ont fini par réconcilier les deux âges et dégager la mélasse épaisse qui brouille l'atmosphère de ces générations afin de vivre en symbiose et en parfaite communion. L'optimisme triomphe finalement dans cette présentation qui traite d'un problème de fond que vit notre société, nous dit Bouzid en mettant en relief l'importance de s'appliquer à l'analyse des préoccupations des jeunes à travers de pareilles réalisations artistiques, notamment à Tamanrasset où l'on a enregistré une affluence particulière de jeunes talents désirant investir le 4e art. En attendant le dégel du projet relatif à la réalisation du théâtre régional prévu au chef-lieu de wilaya, les comédiens en herbe surprennent sur les planches de la maison de la culture Dassine qui, souligne M Goumiche, a mis de gros moyens pour que cet art brille de mille feux et scintille sous d'autres cieux. Selon notre interlocuteur, cinq présentations ont été, jusque-là, été réalisées par la maison de la culture, laquelle a ouvert en grand ses portes aux porteurs de projets liés à la préservation du patrimoine culturel matériel et immatériel de cette région millénaire. Pour conclure, Bouzid Goumiche a tenu à remercier tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à la revalorisation du théâtre à Tamanrasset en encourageant la création et la créativité artistiques.RABAH KARECHE
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rabah Kareche
Source : www.liberte-algerie.com