
Azouda Rebaï est un artisan bijoutier de Tamanrasset résidant à Aïn Salah. Il a appris le métier à l'âge de 12 ans grâce à son père qui, lui, l'a hérité de son paternel également. Il fabrique des bijoux à base d'argent et de pierres précieuses.C'est un métier qu'on hérite de père en fils. Un patrimoine qui coule dans nos veines, on doit le sauvegarder», dira-t-il. Avec ses 67 ans, Rebaï a acquis une longue expérience. Et à son tour il enseigne son art à ses descendants et aussi aux autres, même les petits-enfants. Cette semaine, il participe à Boumerdès avec son neveu au salon de l'artisanat dédié à la wilaya de Tamanrasset, à la maison de la Culture Rachid Mimouni. Toujours en habit traditionnel targui, le chèche autour de sa tête, M. Rebaï veut faire dans l'international.D'une voix tremblante, il dit avec le sourire : «Mon souhait est de faire découvrir notre art à toute l'humanité». Au travail, porter des lunettes est devenu une obligation pour ce vieillard, surtout pour accomplir des tâches de précision, telle la décoration sur l'argent. Au fil de la discussion, il tâte de sa main le fond de son sac pour sortir ses trésors. De merveilleux bijoux qu'il a fabriqués avec soin.Pour M. Rebaï, les temps ont changé. La machine a fait sa grande entrée dans le monde de l'artisanat. Elle facilite beaucoup le travail, mais lui, il n'en a pas une. «On n'a pas bénéficié des aides de l'Etat. Nous voulons augmenter la production, mais à défaut de moyens cela n'est pas possible. On travaille toujours avec les mains. Mais on tient debout», répète-t-il plusieurs fois. Heureusement que la matière première est disponible. M. Rebai achète l'argent en forme de lingots.Par contre, le cuir est un produit local. «Ce sont les femmes qui excellent dans la maroquinerie. Elles travaillent le cuir avec art. Elles aussi ont hérité le savoir-faire de leurs mères et grand-mères», précise-t-il. Face à l'invasion des produits artisanaux en provenance de Chine, M. Rebaï ne s'inquiète guère. Il fait même des bijoux sur place pour lever tout soupçon quant à leur authenticité. «Le gens doivent distinguer le vrai du faux. Par exemple à travers les sculptures qu'on réalise sur les bijoux.La machine aide l'artisan, mais elle ne pourra pas remplacer la touche artistique de ses mains. C'est le secret de l'artisanat». Ce qui déplaît à notre artisan, ce sont les commerçants revendeurs : «Ils sont les grands gagnants de l'artisanat d'art. Un bijou de 4000 DA ils le revendent à 40 000. Nous devons en tant qu'artisans intégrer le circuit commercial pour faire barrage à ces profiteurs?».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Omar A
Source : www.elwatan.com