Recep Tayyip Erdogan a de nouveau pris pour cible la France en invitant Nicolas Sarkozy à revisiter l'histoire coloniale de son pays plutôt que le passé ottoman de la Turquie.
Cette attaque du Premier ministre turc intervient la veille de l'examen ce jeudi par les députés français d'un texte de l'UMP, le parti majoritaire du locataire de l'Elysée, rendant illégale la négation du génocide arménien de 1915. 'Ceux qui veulent étudier un génocide feraient mieux de se retourner sur leur passé et de se pencher sur leur propre histoire, sale et sanglante', a-t-il martelé à l'issue d'un entretien avec le président du Conseil national de transition libyen, Mustapha Abdeljalil.
Le choix de cet événement n'est pas également fortuit puisqu'il rappelle le forcing de la France dans la voie empruntée par le 'printemps de Tripoli'. L'équipée Atlantique en Lybie a été orchestrée par Nicolas Sarkozy en personne et ses conséquences sont loin, très loin d'être clos. Ce pays a tout l'air de prendre l'allure d'une base avancée de l'OTAN au c'ur du Maghreb, aux portes du Machrek et de l'Afrique centrale et de l'Est. 'Si l'Assemblée nationale française veut s'intéresser à l'histoire, qu'elle prenne la peine de s'enquérir sur les événements en Afrique, au Rwanda et en Algérie, qu'elle fasse des recherches pour savoir combien de personnes les soldats français ont tuées, comment ils les ont tuées et avec quelles méthodes inhumaines', a ajouté le chef du gouvernement turc, prévenant la France que les relations entre les deux pays risquaient de subir de graves conséquences si le Parlement français votait sa loi. Pour Erdogan, la France va pâtir de son ingérence dans une histoire qui n'est pas la sienne. La Turquie est le cinquième marché mondial pour les exportations françaises. Le président français avait ouvert les hostilités avec Ankara début octobre en lui donnant quelques mois pour reconnaître le génocide arménien de 1915, faute de quoi la France pourrait légiférer pour sanctionner pénalement le négationnisme turc ! La commission des lois de l'Assemblée nationale française a adopté le 7 décembre à l'unanimité moins deux voix ce texte, qui prévoit une peine d'un an de prison et une amende de 45 000 euros en cas de contestation du génocide.
L'Arménie estime à 1,5 million le nombre de victimes tuées lors des massacres, qu'elle considère comme le fruit d'une politique délibérée de l'Empire ottoman. Ankara affirme de son côté qu'il ne s'agissait pas d'un génocide et que de nombreux Turcs musulmans et Kurdes ont également été tués lors de l'invasion des troupes russes en Anatolie orientale, parfois avec l'aide de milices arméniennes. Les relations entre Ankara et Paris étaient déjà très tendues en raison du refus de la France de voir la Turquie adhérer à l'Union européenne. Les négociations ont commencé en 2005 mais de nombreux chapitres sont actuellement bloqués par Nicolas Sarkozy qui considère que la civilisation turque n'a rien à voir avec celle 'judéo-chrétienne' de l'Union européenne ! Pour autant, pourquoi cette agitation subite du locataire de l'Elysée ' La diaspora arménienne en France, forte d'un demi-million de personnes, est un enjeu électoral avant l'élection présidentielle du printemps 2012. Le président français sortant dont la réélection paraît difficile pour son bilan décrié même au sein de sa famille politique est à la pêche aux voix. En visite d'Etat en Arménie, il avait estimé que la reconnaissance par Ankara du massacre d'Arméniens par les Turcs serait un 'geste de réconciliation', alors qu'il refuse catégoriquement de s'appliquer ce principe, notamment pour l'Algérie dont les victimes directs de la présence française s'élevaient, selon feu Mustapha Lacheraf, à, au moins six millions d'Algériens. Nicolas Sarkozy, comme ses prédécesseurs, est oublieux des enfumades, razzias, expropriations, discriminations, tortures, viols que la France coloniale a fait endurer aux Algériens de 1830 à 1962. Des crimes contre l'humanité auxquels il faut ajouter pour être complet les victimes des essais nucléaires au Sahara, à Reggane et à Tamanrasset et dont les derniers s'étaient déroulés jusqu'en 1966. En vertu des accorde d'Evian devait insister la France.
D. Bouatta
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel Bouatta
Source : www.liberte-algerie.com