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Gestion des ressources en eau et développement de l'irrigation s'imposent En vue d'une plus grande participation à la sécurité alimentaire du pays



Gestion des ressources en eau et développement de l'irrigation s'imposent                                    En vue d'une plus grande participation à la sécurité alimentaire du pays
Photo : S. Zoheir
Par Ziad Abdelhadi

Sur le plan de la pluviométrie, le climat en Algérie se caractérise par l'insuffisance des précipitations et leur irrégularité dans l'espace et dans le temps. En claire elles sont (ndlr : les précipitations) interannuelles et saisonnières ce qui se traduit par l'obtention de faibles niveaux de rendement dans les cultures stratégiques. Comme il faut savoir aussi qu'une étude sur les potentialités agricoles du pays fait ressortir que 76% de la surface agricole utile (SAU) sont localisés dans des zones agroclimatiques défavorables, ce qui constitue une contrainte majeure et un facteur limitant la production agricole.Autre donne : les ressources en eau du pays sont limitées et sont surtout inégalement réparties. En d'autres termes, l'eau n'est pas toujours disponible là où existent des sols arables et nécessitant l'irrigation. En effet, on la trouve très limitée à l'Ouest alors que les terres nécessitant l'irrigation s'étendent sur 180 000 hectares. Elle est, en revanche, suffisamment disponible dans une étroite bande côtière de l'Est et du Centre ayant de faibles potentialités de développement.
Par ailleurs, il faut savoir que le pays dispose d'un inventaire détaillé des ressources en eau, d'où la possibilité d'irriguer, par des transferts, beaucoup de régions agricoles en bute aux insuffisances récurrentes des précipitations. Et c'est là une solution incontournable face aux besoins alimentaires de plus en plus importants de l'Algérie. Il est utile de rappeler que la décision des pouvoirs publics de réaliser certains transferts aux coûts d'investissement faramineux, comme celui du transfert In Salah-Tamanrasset long de 700 km, et le prochain qui sera consacré à desservir la steppe, et d'autres en cours de réalisation, dont le montant financier est très élevé en raison des hauteurs de refoulement, est opportune à plus d'un titre. Il est impossible de faire autrement étant donné les besoins de plus en plus importants, sachant aussi que le pays a opté pour une augmentation sensible de la production agricole. Laquelle reste conditionné, en partie, par une surface irrigable toujours plus grande. C'est pourquoi, et compte tenu de l'évidence que la pluviométrie a tendance à se réduire de 5 à 10% à moyen terme, les pouvoirs publics, à travers le ministère de l'Agriculture et du Développement rural, projettent, dans le cadre du Programme national de l'économie de l'eau, de faire passer de 700 000 ha à 1 600 000 ha la surface irriguée à l'horizon 2014. Mais l'entreprise n'est pas aisée et des difficultés surgissent et surgiront sur le parcours. Au niveau du ministère de l'Agriculture on en est conscient. Pour atteindre cet objectif, il s'agira, selon ce département ministériel, de mobiliser les ressources hydriques conventionnelles et non conventionnelles pour «consolider les périmètres irrigués existants et identifier de nouveaux périmètres», nous a précisé une source proche du dossier. On apprendra de cette dernière que pour ce faire, «il s'agira, en l'occurrence, de mettre en place des équipements et des infrastructures d'irrigation et de drainage afin de développer les systèmes économiseurs d'eau et améliorer la dotation en eau du secteur de l'agriculture».Quant aux périmètres irrigués en place, on nous fera savoir que «leur gestion chaotique pousse à prendre des mesures correctives car à défaut ce sont des périmètres entiers qui risquent de perdre leurs potentialités agricole avérées». Cela devient impératif dans la mesure où les ressources hydriques se raréfient et quand on les trouve leur coût d'exploitation est des plus onéreux. Pour certains experts en la matière, les projets de pompage de l'eau dans le sous-sol saharien et son acheminement vers le Nord, c'est à dire vers la steppe, est une initiative louable qui mérite d'être menée à terme. Mais, selon eux, la priorité reste «de faire des économies d'eau en agriculture. Car, expliquent-ils, les disponibilités en eau qu'on va pouvoir gagner, qu'on va pouvoir trouver dans les années à venir, se situent dans le champ agricole puisqu'il est admis qu'en moyenne un tiers de l'eau en agriculture est perdu dans la tuyauterie. Il y a par conséquent des pertes considérables des disponibilités hydriques au niveau agricole. C'est dans ce secteur que les ressources en eau additionnelles sont donc à trouver dans les années à venir et que les économies doivent être effectuées.Cette approche n'est semble-t-il pas restée lettre morte, puisque les pouvoirs publics viennent de mettre en 'uvre un programme pluriannuel de rationalisation de l'utilisation de l'eau dans l'agriculture pour assurer la sécurité alimentaire et faire face à la tendance à la raréfaction de cette ressource naturelle. Ce programme consiste en la mise en place de mesures incitatives techniques, financières et scientifiques pour appuyer les systèmes d'irrigation économiques. Ces derniers (les systèmes) vont, selon les spécialistes, permettre, notamment dans les régions sud du pays, d'économiser environ 3 000 m3 pour un hectare irrigué soit l'économie de 2,4 milliards de m3. C'est du moins ce qui est attendu dès lors que l'on sait que le problème majeur que les autorités auront à affronter dans le futur est une répartition équitable entre les différents consommateurs (ménages, agricultures, industrie). C'est donc là tout l'enjeu.
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