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Festival International des Arts De l'Ahaggar : Tempête Zipompa sur Tam Culture : les autres articles



Festival International des Arts De l'Ahaggar : Tempête Zipompa sur Tam Culture : les autres articles
Jeudi soir, l'esplanade du 1 novembre de Tamanrasset était archicomble pour assister au troisième concert du troisième Festival international des arts de l'Ahaggar.
Tamanrasset
De notre envoyé spécial

Au programme : Abdallah Mosbahi de Djanet, Moussa Djéli Condé de Guinée et Royaume Zimpompa Pompa du Congo-Kinshasa. Cela va donc de la profondeur du Tindi, à l'héritage des Griots à la Sekous N'Dombolo. L'Afrique dans toute sa splendeur en somme. Abdallah Mosbahi, qui se revendique sans complexe de Othmane Bali, la voix du Tassili N'ajjer aujourd'hui éteinte, a donné le « la » d'une soirée timidement pluvieuse.
L'hiver de Tam ne prend malheureusement pas la couleur de la neige ! Muni d'un oud, accompagné d'un guitariste, de deux percussionnistes et de trois choristes femmes, Abdallah Mosbahi, qui porte le Tindi comme un étendard, a chanté à plein voix laissant une large place au rythme. Il n'y pas que les oreilles qui écoutent la musique ! Les pieds exigent aussi leur part. D'où la danse. Mosbahi le sait. Dans son plat varié, il met une petite sauce marocaine et quelques ingrédients orientaux, le tout parfumé à la saveur targuie.
L'artiste puise aussi dans la tradition de la Sbeiba, la fête de l'Achoura de Djanet. Au plus fort de sa prestation musicale, le chanteur a mis l'oud derrière la tête et a continué à jouer. Une prouesse ! « Cela vient seul ! L'année passée, j'ai animé une soirée à Shangaï. Le public était bien, mais ici à Tamanrasset, le public est parfait », a confié Abdallah Mosbahi après le tour de chants. Il a regretté de n'avoir pas interprété « Tin Hinan », une chanson qui donne son nom à son nouvel album. Un opus qui promet.

Une secousse congolaise !

Les « ambianceurs » (le mot a été inventé par les fêtards africains) du Royaume Zipompa Pompa n'ont pas déçu. Deux danseuses, deux chanteurs, trois choristes, deux bassistes, un guitariste et un batteur ont suffi pour provoquer la tempête. Les gouttes de pluie d'avant ne sont rien devant ce déluge de rythmes, de chants, de mélodies et de déhanchements. Mené à une allure infernale, le spectacle ne laisse aucun répit au jeune public captivé, pour un temps, par les danses poétiquement suggestives.
La Sekous N'Dombolo, la célèbre danse de l'Afrique central, l'Afrique des grands lacs, n'a pas perdu de sa vigueur. Il est vrai que la fameuse Coupé Décalé ivoirienne a quelque pris le dessus dans les lieux branchés du continent, mais la danse que les congolais adorent est là, sur scène, en live. Le bassin, les pieds, la poitrine, les mains sont tous « convoqués » au tribunal de la fête et de la bonne humeur. Clic !, clic ! Tous les appareils photos de la capitale de l'Ahaggar sont dehors.
On célèbre le moment. « Je prend des vidéos que je mettrai sur facebook. Mes amis de Bouira verront comment on s'amuse ici à Tam », nous confie un jeune spectateur.« Ils en ont pour leur yeux », chuchote une enseignante d'Alger. Un grand écran flottant permet aux plus éloignés des spectateurs de suivre le concert ou l'afro-beat bouscule la rumba accélérée.
Luciana Demingongo, chanteur, auteur-compositeur, Marleine Kassanga, danseuse, mènent bien le groupe dans un Show qui ne fait aucune concession à la monotonie. Royaume Zipompa Pompa est, en fait, né en 1992 de la scission du groupe Nouvelle génération de la République démocratique, nom donné à l'époque du Zaïre (ce pays est devenu après la mort du Mobutu République démocratique du Congo, RDC).« Zipompa parce que nous voulons à travers notre Royaume pomper les rythmes, les chants. Nous voulons de la musique, la Sekous, et peu de paroles »,a expliqué Luciana Demingongo qui, pendant longtemps, a accompagné le célèbre artiste congolais Papa Wemba, l'un des premiers à s'être engagé sur les sentiers de la World music.
« Les congolais chantent beaucoup l'amour. Nous, on pense beaucoup à l'Afrique. On chante pour le retour, pour la reconstruction de notre pays. Ceux qui ont fui la misère et la dictature veulent aujourd'hui revenir », a encore soutenu Luciana Demingongo qui a déjà visité l'Algérie lors du deuxième Festival culturel panafricain (Panaf) en 2009. Nous reviendrons dans nos prochaines éditions sur le concert de Djéli Moussa Condé, l'homme qui ne se sépare jamais de sa cora'
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