
Le président du réseau algérien Nada, pour la défense des droits de l'enfant, Arar Abderrahmane, a été stupéfait de la vie des enfants dans la wilaya de Tamanrasset.Après plusieurs visites sur le terrain et de longs débats avec les associations de l'Ahaggar, M. Arar a conclu que beaucoup reste à faire pour la frange infantile de cette région du Grand Sud. «Le constat est alarmant. Il y a énormément de besoins à satisfaire et de choses à réaliser, à commencer par le tissu associatif, qui est très fragile et évolue dans une logique occasionnelle. A première vue, nous avons remarqué que les associations ne s'intéressent pas aux véritables problèmes dans lesquels se débat cette collectivité, à l'exemple des enfants de la rue, des enfants violentés sexuellement où encore ceux abandonnés par leur mère biologique», a-t-il relevé.La possibilité de développer des partenariats avec les associations locales a été ainsi envisagée par le réseau Nada, dans la perspective de renforcer la capacité des acteurs de la société civile en matière de gérance, de gestion administrative et financière et de conception de projets. Le plus important, estime M. Arar, «c'est d'être professionnellement opérationnel pour surmonter les écueils rencontrés.» Pour ce faire, des ateliers de travail ont été organisés avec plus de 40 associations issues particulièrement des localités éloignées de la wilaya Tamanrasset, avec pour finalité de concevoir un projet traitant des sujets sensibles et des dossiers tabous de cette société conservatrice.Les conclusions obtenues démontrent que les associations de cette wilaya, aux différentes nationalités, sont moins impliquées dans la prise en charge des problèmes de fond du fait qu'elles ne sont pas formées et motivées. «Notre rôle consiste donc à les accompagner dans le but de mettre en place des projets en coordination avec les institutions de l'exécutif», ajoute notre interlocuteur, tout en dressant un constat dramatique quant au manque de lieux et d'équipements de loisirs et de sport pour les enfants et l'absence d'espaces verts dans la wilaya.Afin de renforcer les échanges associatifs Nord-Sud, le président du réseau Nada a annoncé qu'une équipe d'experts se déplacera prochainement pour dispenser des formations et encadrer des représentants locaux d'associations, qui bénéficieront également de stages de longue durée à Alger. Revenant aux ambitions de ce réseau créé en 2004 et qui regroupe 130 associations au niveau national, M. Arar a indiqué qu'un programme de renforcement de capacité est inscrit pour Tamanrasset.«D'abord, nous lancerons le numéro vert 30 33 sur la maltraitance des enfants, ensuite on s'investira dans la prise en charge des enfants en danger moral et surtout les adolescents en proie à la délinquance et à la violence. Le troisième projet porte sur tout ce qui a trait à la violence sexuelle à l'égard de cette frange très vulnérable. Certes, ce sont des sujets tabous, mais il faut en parler pour y faire face.» Le réseau Nada prévoit aussi la concrétisation d'un projet en collaboration avec la direction de la jeunesse et des sports pour développer tout ce qui est culture de droit chez l'enfant, soit à l'école ou dans les espaces de jeunes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ravah Ighil
Source : www.elwatan.com