Tamanrasset - Tourisme Divers

Djilali Doumi, wali de Tamanrasset, au Temps d'Algérie.. «Le développement de Tamanrasset fera d'elle la porte commerciale de l'Afrique»



Dans cet entretien, le wali de Tamanrasset nous donne un bref aperçu de la situation du développement local dans la wilaya ainsi que les nécessités, notamment économiques, à introduire pour booster le développent de la région dans toutes ses configurations.Entretien réalisé par Smail Mimouni
LE Temps d'Algérie : Parlez-nous des exigences à mettre en place pour assurer un meilleur développent socioéconomique à Tamanrasset, et du potentiel à exploiter?
M. Djilali Doumi : Tout d'abord, il faut situer la position géographique de Tamanrasset dans son véritable contexte. C'est une wilaya stratégique de par cette position. Notre wilaya est en contact direct avec deux pays, à savoir le Mali et le Niger. Elle est aussi sur une frontière qui dépasse les 1070 km avec des étendues qui dépassent les 577 000 km2. Pour ce qui est de la densité, elle est de 0.41 habitant par km2. Toutes ces donnés font que Tamanrasset est une région qui est la porte du pays à l'extrême sud, et qui demande une mise à niveau quant à sa valorisation et la revitalisation des ses espaces. Pour maintenir toute notre population au niveau de ces espaces, il faut une raison économique. La dernière rencontre nationale sur le développent des zones frontalières est venue au moment où beaucoup de visions et d'idées émergent au niveau de notre wilaya. Cette rencontre se veut déjà une feuille de route qui confirme la volonté du gouvernement en la matière, et ce, par ce qui a été arrêté par la stratégie nationale d'aménagement du territoire, vu que la position géographique de Tamanrasset est une grande bouffée d'oxygène pour l'économie nationale.
Eriger In Guezzam, à titre d'exemple, en tant que comparoir commercial dans la région va permettre à l'Algérie de s'ouvrir tout d'abord sur l'Afrique, qui est une grande opportunité sur le plan économique et commercial. Nous avons des surproductions sur certains produits dans notre pays, qui méritent et nécessitent d'être écoulés au titre des exportations. S'ouvrir sur l'Afrique, c'est tout un marché qui s'offre à nous que ce soit au Sahel ou dans toute l'Afrique de l'Ouest.
D'autre part, il y a le feed-back commercial qui peut aussi être utile, car beaucoup de produits au niveau de nos pays voisins finiront au pourrissement faute de débouchés. D'autre part, la dimension économique qui est déployée au niveau de l'Algérie peut aussi être engagée au niveau de ces espaces frontaliers pour endiguer, et à jamais, les phénomènes de la contrebande et de la migration clandestine.
Le développement économique de la région pourra-t-il régler ses problèmes '
Oui, bien sûr. En plus, c'est la raison économique qui a fait défaut au niveau de ces pays du Sahel. Nous avons fait l'expérience dernièrement par une petite opération d'exportation de ciment qui vient d'Adrar, une quantité de 100 000 tonnes. Croyez-moi, les échos que nous avons eus d'Arlit et d'Agades (Niger) font que beaucoup de candidats à la migration clandestine vers l'Algérie ont arrêté leur tentative de migration. Pour eux, trouver un emploi reste le principal v?u. Selon eux, aussi dérisoire et temporaire que ce soit, trouver une occupation suffit. L'occasion d'intensifier cette activité d'exportation aura des effets certains sur la fixation de toutes ces populations qui ne veulent que travailler dans leur pays et vivre dignement. Et l'Algérie sera prémunie de tous les dangers de la migration clandestine.
Parlez-nous des dossiers qui ont été traités pour le moment par la commission algéro-nigérienne créée lors de la dernière rencontre entre les deux pays dernièrement à Alger '
Globalement, tous les sujets qui ont été traités à ce jour au niveau de la commission algéro-nigérienne chargée du dossier de l'immigration clandestine que je préside concernent en premier lieu le plan de la gouvernance, soit comment on doit entre-apercevoir la bonne manière de gérer ces espaces frontaliers. Et en deuxième lieu, ce que sont les perspectives d'avenir en la matière, du moment que l'avenir s'inscrit au Sud et non plus au Nord. Il s'inscrit vers l'Afrique et non vers la Méditerranée. Le plus important, c'est qu'on a commencé à communiquer sereinement avec nos voisins sur ce dossier, et qu'il en a résulté une mutualisation de la vision. Il y a aussi une réelle mise en ?uvre de nos accords de rapatriement de Nigériens vers leur pays d'origine, d'autant qu'il existe un minimum de mesures d'accueil pour ces derniers au Niger. La deuxième chose est économique : c'est la foire d'Assihar qui revient, avec toutes ses couleurs et avec beaucoup d'espoir, que ce soit pour la population autochtone ou pour la population voisine, qui, de par les liens du sang, de parenté et de l'histoire, demeurent liées d'une manière très intime. Donc Assihar revient, mais sa vision cette fois-ci est d'une dimension internationale. Et c'est pour cela que nous voulons faire de cette foire un jalon entre les hommes d'affaires algériens et leurs homologues africains.
Enfin, quelle est votre réponse aux campagnes de dénigrement lancées contre l'Algérie dernièrement sur la gestion du dossier de la migration clandestine '
Nos chiffres sur l'action humanitaire sont là : il faut savoir à titre d'exemple que 30% du budget alloué au secteur de la santé pour notre wilaya sont destinés à la population issue de la migration clandestine.
Nous apportons une prise en charge considérable et sans aucune distinction au profit des migrants subsahariens. Il faut savoir que l'Algérie a ratifié des accords avec le Niger et qu'elle est en train de les exécuter sur le terrain comme il se doit, et tels qu'arrêtés entre les deux pays. Enfin, je dirai que c'est le Niger qui est touché, et non pas les organisations gouvernementales ou non gouvernementales.
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