Tamanrasset - Revue de Presse

Bouteflika entame, aujourd'hui, sa visite dans la région Les attentes de Tamanrasset



Tamanrasset faisait, hier, les dernières retouches de sa toilette pour recevoir, aujourd'hui, le président de la République. Ses premières demandes: un nouveau découpage administratif et un centre hospitalo-universitaire. Hier encore, les derniers coups d'une toilette minutieuse étaient donnés pour que Tam accueille son invité avec un visage dépoussiéré et l'air moins fatigué par les vicissitudes de la vie. Les rues fraîchement balayées, les façades repeintes, les emblèmes accrochés, ici et là. Tout est fin prêt pour recevoir le président de la République dont le déplacement dans la région se fait pour la troisième fois depuis qu'il a pris les commandes du pays. Les premières revendications de Tamanrasset sont exprimées par la voix du député FLN, Mahmoud Guemama qui a chaleureusement accueilli quelques journalistes parmi ceux venus en force couvrir la visite du chef de l'Etat. «Nous demandons un nouveau découpage administratif parce que la région souffre énormément de l'éloignement de ses structures, d'une commune à une autre. Nous aimerions que In Salah et In Guezzam deviennent des chefs-lieux de wilayas et qu'il soit procédé aussi à la création de 6 à 7 communes en plus», dira le député FLN. Il faut savoir que la wilaya de Tam est un territoire immense dont la superficie est de 557.906,25 km2. Elle est limitée au nord par Ghardaïa, au nord-est par Ouargla, à l'est par Illizi, à l'ouest par Adrar, au sud-est par le Mali et au sud-ouest par le Niger. Ces deux dernières frontières ne la laissent pas dormir sur ses deux oreilles. Il y a de l'inquiétude dans l'air. «Regardez nos problèmes d'où ils viennent», nous dit un habitant bien aux faits de ce qui se passe dans les pays limitrophes, en pointant un doigt sur une photo de Kadafi. L'allusion est vite démontrée: «nous craignons que les mouvements qu'il finance fassent du mal à notre pays et précisément chez nous», explique-il. «Nous avons très peur pour nos jeunes, nous savons les retenir mais nous avons peur que des propositions alléchantes leur soient faites... » Comprendre de suite que la région éprouve des difficultés pour joindre les deux bouts, notamment dans sa frange jeunes. La vie n'est pas facile à Tam même si ses habitants, enfin ceux que nous avons approchés restent très dignes en remerciant «Dieu et le président» pour, disent-ils, «nous avoir donné ce dont nous avons besoin».  En ce temps froid d'hiver, la vie est bien plus chère qu'au nord. Elle l'est d'autant plus que Tamanrasset ne produit pas grand-chose comme produits agricoles. La pomme de terre est à 70 DA le kg, la tomate a atteint le seuil exorbitant de 200 DA pour retomber, juste ces jours-ci, à 60 DA le kg et la banane est à 18 DA. Souvent, les produits alimentaires comme le lait, l'huile et autres café sont vendus avec 15 à 20 DA de plus qu'au nord. Les habitants demandent aussi l'ouverture d'un centre hospitalo-universitaire pour, dit Mahmoud Guemama, que: «toutes les spécialités soient exercées chez nous, parce que la santé des habitants de la région dépend du nord puisqu'ils sont obligés, pour se soigner, de remonter au nord». Et, bien que la période du «Hadj» soit terminée, le député revendique, pour le prochain «maoussem», le départ des «hadjis» à partir de Tam, au lieu de Ghardaïa comme c'est de tradition. «On se demande pourquoi on les envoie de Ghardaïa avec des frais en plus sur les autres hadjis du territoire puisqu'ils sont obligés de payer leur billet Tamanrasset-Ghardaïa aller et retour». Il précise qu'ils l'achètent à moins de 50% «mais ce sont toujours des frais en plus». Le président est attendu aujourd'hui -si le temps lui permet de le faire sans trop d'efforts- pour poser la première pierre d'un projet d'alimentation en eau potable de Tamanrasset, à partir de In Salah par trois conduites et un réservoir terminal 50.000 m3. Il le fera aussi pour la réalisation d'un foyer pour personnes âgées et handicapées, d'un centre pour enfants assistés et lancera les travaux du siège de la direction de l'Environnement avec logement de fonction. Il lancera le projet de réalisation de 1.028 logements sociaux à Tam et d'un autre de 100 logements à Tafsit, d'un lycée de 800 places, d'un centre de loisirs scientifiques et d'un dalot multicellulaire sur Oued Tahaggart. Pour les inaugurations, il aura à le faire pour le renforcement de la transsaharienne sur 150 km, le campus universitaire de 2.000 places pédagogiques et 1.000 lits, la cour de justice, un centre de formation professionnelle et d'apprentissage, une auberge de jeunes, 40 locaux à usage professionnel, un complexe sportif de proximité à Tafsit et pour d'autres structures nouvelles comme le siège de la direction du Commerce, un centre de rééducation de 120 places. Il visitera, entre autres, le complexe sportif. Demain, il sera à In Salah où il entreprendra plusieurs inaugurations et visites comme la réalisation d'une piscine, l'alimentation en eau potable à partir de In Salah, la réalisation de 200 logements sociaux, d'un siège de daïra, d'un centre culturel, d'un bureau de poste, d'une centrale électrique et autre château d'eau et l'aménagement de l'aéroport de In Salah. Son périple dans la région sera en évidence «enrichi» par des motions de soutien de ceux qui veulent qu'il fasse un troisième mandat. En tête de liste, le FLN, mais les responsables locaux ne savent pas trop si l'occasion leur sera donnée de lire leur motion. «Nous ne connaissons pas encore son programme, on ne sait pas s'il va s'arrêter un moment pour qu'on la lui lise», disent les militants du parti de Belkhadem.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)