Les personnes originaires du nord du pays, communément appelées "Chnaoua", postulant au logement public locatif (LPL) dans la wilaya de Tamanrasset, où ils habitent depuis des lustres, interpellent les autorités locales pour qu'elles étudient leur recours d'une manière juste et équitable suivant la réglementation en vigueur. Si le scénario des protestations qui ont secoué récemment la wilaya de Ouargla a été jusque-là évité dans la capitale de l'Ahaggar, cela montre néanmoins la difficulté de la tâche qui attend la commission des recours et la nature des décisions qu'elle devrait prendre afin de contenir la colère des postulants lésés. Pour 713 logements attribués, plus de 700 recours ont été déjà enregistrés. Les bénéficiaires doivent prendre encore leur mal en patience puisque la remise des clés n'est pas pour demain, semble-t-il. Un postulant, qui habite Tamanrasset depuis 1974, a été étrangement exclu de la liste des bénéficiaires. Père de deux enfants, il se trouve sans domicile fixe depuis la fin de son contrat de location en décembre 2012.S'il a réussi à caser ses enfants chez leurs beaux-parents, lui, il passe ses nuits à l'intérieur de sa vieille caisse datant de 1990 dont le coffre a été chargé de quelques ustensiles de cuisine et d'un matelas crasseux. Faisant part de sa galère quotidienne, il raconte, les larmes aux yeux : "J'ai déposé mon dossier en 1989 et je l'ai toujours mis à jour à la demande de la commission d'attribution des logements. 24 ans après, je me retrouve exclu de cette opération pour la simple raison d'être originaire hors de cette wilaya. L'Algérie, qui vient de fêter sa 51e année de l'Indépendance, est pour tous les Algériens. Malheureusement, ce sont nos responsables qui cautionnent les idées séparatistes et poussent les gens à se révolter."
Et de poursuivre : "Mon dossier est plus âgé que certains bénéficiaires qui gardent toujours leurs dents de lait. C'est inconcevable ! Je me demande sur quelle base ont été distribués ces logements puisque même des femmes divorcées et des jeunes filles connues pour leurs m'urs légères en ont bénéficié pendant que des pères de famille vadrouillent dans la ville matin et soir pour trouver un toit décent afin de s'y caser avant l'arrivée du mois sacré de Ramadhan." Un autre postulant, originaire d'Oran, remet en cause toute l'opération d'attribution et qualifie d'arbitraire l'exclusion des demandeurs originaires du Nord. "Tout le monde sait que l'Etat fait tout pour éteindre le brasier du Sud. Mais ça ne doit pas se faire à nos dépens. Personnellement, je suis ici depuis 13 ans et je remplie toutes les conditions d'accès à un logement public locatif. Certes, il existe certaines priorités tolérables et acceptables, mais pas au point de favoriser un adolescent à un père de famille juste parce que ses origines sont du Nord. Inadmissible ! Si réellement nous sommes dans un Etat de droit, nous passons en priorité par apport à certains bénéficiaires d'origine subsaharienne. Ce qu'ils (les pouvoirs publics, ndlr) doivent savoir, c'est que toute patience a des limites." À la wilaya, on a promis de réétudier les recours au cas par cas, en application des textes de loi, particulièrement en ce qui concerne les recours fondés.
R K
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : RABAH KARECHE
Source : www.liberte-algerie.com