Tamanrasset - A la une

5ème Festival international des arts de l'Ahaggar



5ème Festival international des arts de l'Ahaggar
Le 5ème Festival international des arts de l'Ahaggar se déroule à Tamanrasset jusqu'au 4 janvier 2015.TamanrassetDe notre envoyé spécial L'Asouf ou « le blues des Touareg » était à l'honneur mardi soir au campement de Tidessi, à 12 km au nord de Tamanrasset, à l'ouverture du 5ème Festival international des arts de l'Ahaggar. L'équipe de Ahmed Aouali, commissaire du festival, a choisi d'offrir la première grande scène aux groupes locaux. Il s'agit de Issouder de In Guezzam et de Aguenar, Imazourag ainsi que Issekta de Tamanrasset.Les quatre groupes, crées ces cinq dernières années, développent des projets musicaux construits autour de la guitare, de la basse, de la batterie et du jembé . « Nous faisons de la musique pour exprimer ce que nous vivons. Nous évoquons la vie du targui et toutes les choses qui lui manquent dans le sahara. Nous avons appris le jeu de la guitare et la composition sans avoir étudié la musique. Nous avons appris sur le tas. Cette musique s'adapte parfaitement à ce que nous voulons dire » , a expliqué Othamne Chikhaoui, leader de Issouder.Pour ce groupe, comme pour d'autres, les maliens de Tinariwen ont montré la voie à suivre Othamne Chikhaoui et d'autres artistes en herbe parlent aussi de Ali Farka Touré. Le groupe Imazourag a introduit le tazamart, la flûte targuie, dans ses compositions, donnant un touche roots au chant. « Pour nous, tazamart s'adapte parfaitement à ce que nous faisons. La guitare électrique dialogue bien avec cette flûte. Nous voulons également introduire l'imzad dans le futur », a relevé Iddaoui Mohmed Hiballah connu par le sobriquet de « Belou », leader de Imazourag.Le campement de Tidessi, qui est situé non loin de l'aéroport de Tamanrasset, accueille plusieurs activités durant le festival comme les jeux traditionnels targuis (tidas et karad), des ateliers d'animations artistiques coordonnés par Arezki Larbi, des espaces contes animés par Seddik Meslem, un atelier calligraphie tifinagh par Smail Metmati et Mohamed Hamza et un espace musiques et danses africaines tenu par Sabine Pakora et Astou Faye assistées de Moussa Koita et Souleymane Dembele.« Je ne parle ni l'arabe ni le tamachaq. J'essaie donc de trouver des activités qui me permettent de communiquer avec les enfants et avec les gens d'ici. La musique et la danse me permettent de le faire. Nous allons animer un atelier d'expression corporelle. Nous allons proposer des chorégraphies Mandingues et laisser les enfants et les adultes s'exprimer comme ils l'entendent. Ils s'agit de danses qu'on peut trouver dans la tradition africaine », a expliqué l'ivoirienne Sabine Pakora.Danse Mandingue« L'empire Mandingue correspondait à un grand territoire qui est divisé aujourd'hui entre le Mali, le Sénégal, la Côte d'Ivoire, la Guinée. La culture Mandingue existe toujours. Il y a donc des rythmes et des expressions corporelles communs à ces différents pays. Les bases rythmiques sont identiques pour tous ces pays mais avec des adaptations différentes. Pour les percussions, le djembé est à la base avec le doum », a-t-elle ajouté.L'artiste-peintre Djahida Houadef s'occupe de l'atelier dessin et peinture. « Cette année, j'ai choisi le thème de la géométrie. J'ai déroulé un papier Kraft pour que les participants puissent dessiner des formes géométriques qui rappelle les dunes ou les maisons où l'on peut trouver des signes amazighs. Je suggère notamment aux enfants de rajouter des choses dans leurs dessins. Ils sont libres de faire ce qu'ils veulent, mais je leur donne des conseils. Les enfants adorent cela. Chaque année, c'est le même intérêt qui est montré. C'est un atelier qui leur permet de s'exprimer, de se rencontrer, d'échanger. Il est important que chaque enfant voit ce que son voisin fait. Ils regardent, se partagent des choses », a souligné Djahida Houadef.Plusieurs artisans de bijoux, de vannerie et de cuir présentent leurs produits aux visiteurs, certains fabriquent des oeuvre sur place. Le campement de Tidessi accueille aussi deux expositions de photographie, l'une consacrée aux quatre précédentes éditions du festival et l'autre à l'artiste et photographe, Fayçal Mohamed Abdelaziz, disparu cette année.Parallèlement, les festivaliers sont invités à visiter le monument de Tin Hinan et le Centre d'interprétation de l'Office national du parc de l'Ahaggar (OPNA). Un concours de contes et légendes sahariens sera organisé, à l'initiative, de janvier à mars 2015. Les prix seront remis aux lauréats durant le mois du patrimoine (à partir du 18 avril 2015) à Tamanrasset. Le jeudi 1 janvier, une soirée sera consacrée à Othmane Baly avec des concerts du fils du défunt artiste, Nabil Baly, de Choughli, de Toumast Ténéré qui font le déplacement de Djanet ainsi que de Rezkaoui d'Abalessa.Lors de la cérémonie officielle d'ouverture à la Maison de la culture de Tamanrasset, Ahmed Aouali a évoqué l'idée de « l'échange culturel » que défend et porte le festival. Un événement ouvert sur l'Afrique et ses richesses artistiques. Il a souligné aussi la nécessité de protéger, de sauvegarder et promouvoir le patrimoine matériel et immatériel de la région saharienne.«Beaucoup d'algériens ignorent ce patrimoine et la richesse qu'il porte. Le festival contribue à le faire connaître. Cet héritage culturel et historique a toute son importance dans la promotion du tourisme dans le sud du pays. Il en est de même pour l'artisanat », a déclaré, pour sa part, le wali de Tamanrasset, Mahmoud Djamaa. Fayçal Métaoui


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)