Le rideau tombe sur l'édition londonienne des Jeux olympiques. Pour les délégations participantes, l'heure est au bilan. Les uns et les autres vont compter leurs médailles mais aussi leurs ratages, pour situer les failles et y remédier dans la perspective des futures compétitions. Pour l'Algérie, l'exercice est facile : un succès retentissant, celui de Taoufik Makhloufi, et 38 piètres participations.
Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais comme d'habitude, en pareille circonstance, l'exploitation politique de la consécration individuelle va s'employer à passer sous silence le fiasco collectif. La victoire de notre nouveau champion olympique sera mise sur le compte d'une politique sportive efficace, conçue, menée et financée par l'Etat, dans le cadre du programme du président de la République. On va donc user de cette hirondelle nommée Makhloufi pour faire de cet été algérien torride le plus beau des printemps.
Il en fut ainsi lors du triomphe international de Morceli, puis celui de Boulmerka, même si celle-ci nous fera rougir, plus tard, par un comportement contraire aux valeurs nobles de l'olympisme, sous les caméras du monde entier. L'on a même tenté de tirer gloire des succès et de l'image d'un certain Zinédine Zidane, Français de nationalité et Algérien de sang, qui a fait ses débuts dans les rues de Marseille, non celles d'Alger, et qui a triomphé au Stade de France, en 1998, sous le maillot bleu-blanc-rouge. La célébration politique des victoires sportives a atteint son paroxysme au retour des Verts de l'expédition d'Omdurman, avant que ces mêmes Verts ne se fassent étriller par un cinglant 4 à 0 par les Egyptiens, ceux-là mêmes qu'ils avaient défaits au Soudan, puis par le même score par les Marocains !
Faut-il alors parler seulement de la médaille de Makhloufi et taire les 38 revers collectionnés par notre délégation olympique de Londres, y compris dans les disciplines où l'Algérie pouvait prétendre à mieux '
Rendons grâce, toutefois, à ce jeune de Souk-Ahras, fils du peuple, comme on dit, pour avoir pu sauver l'honneur du pays, en dépit des errements lamentables de ses encadreurs qui ont failli lui valoir une expulsion. Il est, en cela, la preuve éclatante de la dimension individuelle de son succès. n
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Said Chekri
Source : www.liberte-algerie.com