Même en ce temps de canicule, les contrebandiers de tout bord poursuivent leurs activités portant atteinte au cheptel ovin d'abord, à l'économie nationale ensuite. Particulièrement en cette période de fête de l'Aïd El Adha où rien ne se perd, tout se vend et tout s'achète. On peut même dire que cette fête est celle de toutes les tolérances. Particulièrement du côté de nos frontières terrestres y compris celles avec le Niger et le Mali.Au niveau de celles de l'Est, l'on a l'impression que l'informel et la contrebande se sont ligués pour battre la mesure d'une économie algérienne déjà bien mal en point. Les principaux acteurs de l'offensive «informelle» menée à l'approche de l'Aïd El Adha ne se cachent plus pour agir. Ils le font dans le cadre d'une illégalité tolérée. Après plusieurs années d'activisme souterrain, voilà que trafiquants et contrebandiers prennent ouvertement possession du marché national que l'on qualifie d'informel. Cela se vérifie quotidiennement d'abord dans les régions frontalières. Ensuite à l'intérieur du pays particulièrement les villes connues pour faire dans la grande distribution. Celles aussi qui, avec leur grands dépôts sensés servir à d'autres activités, sont des sites de stockage, de grands marchés à bestiaux. Ou durant cette période de fête du sacrifice, des pieds à terre des contrebandiers et des trafiquants. Ils sont issus de toutes les wilayas du pays. Ce sont celles de l'Est qui, en termes de contrebande et de trafics tout genre, dament le pion aux autres. L'on cite dans ce cadre Tarf, Souk-Ahras, Tébessa, El Oued et jusqu'à Aïn M'Lila dans la wilaya d'Oum El-Bouaghi ou El Eulma à Sétif. A ce niveau, le secteur informel est bien organisé. Il l'est davantage en cette veillée d'Aïd El Adha. Quotidiennement s'y échangent des milliards. Les services fiscaux sont invisibles. Ils se comportent envers les principaux acteurs avec beaucoup de tolérance. C'est que du commerce de divers produits de la cordelette, à la pierre à aiguiser et des différents types de couteau jusqu'au charbon de bois et pompe à air, ce secteur fait vivre des milliers de familles. Il assure en parallèle un rôle social et de survie que l'activité structurée légalement est dans l'incapacité d'accomplir. C'est encore ce secteur qui est le principal pourvoyeur d'emplois. Il permet de créer un minimum de revenus et de richesses. De fournir aussi les principales opportunités d'insertion de la population en âge de travailler. Ce qui confirme l'idée des activités informelles transformées en gagne-pain d'une large frange de la population des économies des pays en développement. L'Aïd El-Adha met tout ça au grand jour au moyen de la contrebande qui s'opère principalement aux frontières sans que, pour autant, la fiscalité n'ait à gagner en impôts, TVA et autres taxes et le non-versement de cotisations sociales. La contrebande qui prend de l'ampleur à chaque veille des deux fêtes religieuses Aid El-Fitr et Aïd El-Adha, participe d'un ensemble d'activités de débrouille et de fraude. Le trafic du cheptel est classé au milieu du tableau après le trafic d'armes et de stupéfiants. C'est dire que ces pratiques frauduleuses représentent dans un sens une véritable soupape de sécurité capable de désamorcer les violences sociales, freiner l'exode rural, réduire le chômage et offrir des sources de revenus aux chômeurs des régions déshéritées. D'où cette acceptation tacite des autorités du marché informel. Celui du cheptel en est un très lucratif. Il est également social sachant que le troupeau permet la création d'au moins quatre postes de travail durant plus d'un mois. Généralement, ce sont des unités à caractère familial. Elles opèrent à petite échelle en profitant des périodes des fêtes familiales (Aïd El- Fitr ou El-Adha, Hadj, Omra, mariages, fiançailles, circoncision et autres évènements exceptionnels). Bien des années après la chute de Benali, d'un côté comme de l'autre des frontières algéro-tunisiennes, on en est toujours à la même pratique de la contrebande du cheptel. Elle s'effectue avec la complicité de ceux chargés de veiller à la sécurité économique de l'un ou de l'autre des deux pays d'où sont expédiés de nombreux troupeaux. Menés par un mouton dressé à ce genre de pratique, les ovins traversent plaines, montagnes et rivières. Tout ce passe bien. Rares ont été les saisies issues de la contrebande du cheptel. Et pour cause, de jour ou de nuit, alourdis par le gas-oil qu'on leur fait ingurgiter, juste pour les faire taire et éviter toutes menaces. Juste le nécessaire pour leur permettre de franchir la frontière sans bêlement.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Djabali
Source : www.lnr-dz.com