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Un défi insurmontable pour les fédérations ' Sellal a fixé Rio 2016 comme objectif essentiel



Un défi insurmontable pour les fédérations ' Sellal a fixé Rio 2016 comme objectif essentiel
Samedi dernier, à Djenan El Mithaq, lors de la cérémonie d'installation des présidents des instances sportives à laquelle il a assisté, le Premier ministre, M. Abdelmalek Sellal, s'est, dans un discours, adressé à tous les nouveaux élus en leur faisant savoir qu'ils vont devoir répondre à des objectifs précis.
Il a, alors, clairement indiqué Rio 2016, entendez par là les prochains Jeux olympiques d'été. «Celui qui ne se sent pas capable de relever ce défi ferait mieux de s'arrêter là», a-t-il signifié à l'assistance. M. Sellal a pour lui de connaître assez bien le secteur du sport puisqu'il en a été le premier responsable de 1999 à 2001.
Il a donc l'expérience du contact avec les présidents des fédérations sportives. Il sait qu'il y a dans cette corporation des gens qui font honnêtement leur travail avec les moyens du bord alors que d'autres ne sont là que pour assouvir des ambitions et des intérêts personnels.
En tant que représentant du gouvernement algérien il est en droit d'exiger des résultats sur le terrain de la compétition de la part de nos athlètes et de nos équipes. Il faut, cependant, à notre humble avis, savoir relativiser les choses bien que l'on comprenne que le Premier ministre a surtout cherché à responsabiliser les présidents des fédérations et à les inciter à donner encore plus.
Le sport algérien a régressé
Nul ne contestera le fait que la population algérienne attend de ses sportifs qu'ils soient à la hauteur de ses aspirations. Chaque Algérien rêve de voir des athlètes de chez lui monter sur la plus haute marche des plus grandes compétitions sportives internationales. En 2009, quand les footballeurs ont battu l'équipe d'Egypte à Oum Dourman et se sont qualifiés à la Coupe du monde de 2010, l'Algérie a connu une euphorie comme elle ne l'avait plus connue depuis juillet 1962 quand elle avait accédé à son indépendance.
En juillet dernier quand Taoufik Makhloufi, grâce à sa médaille d'or remportée dans le 1500m, avait fait retentir Qassaman et fait hisser le drapeau algérien sur le plus haut mât du stade olympique de Londres et ce, sous les yeux de milliards de téléspectateurs dans le monde, il ne s'est pas trouvé un seul de ses compatriotes qui n'était pas fier d'appartenir à ce pays.
Le mouvement sportif national est à la tête du plus grand parti du pays et cela n'est pas propre à l'Algérie. A titre d'exemple, un pays aussi puissant que le Brésil vit par son équipe nationale de football. Quand celle-ci perd c'est la déprime au sein de la population.
C'est dire qu'en Algérie, celui qui accède à la tête d'une fédération sportive sait qu'il sera jugé sur les résultats de la discipline qu'il dirige. Ces résultats ne viennent pas par hasard. Ils ne peuvent être que le fruit d'un long et patient travail de préparation. Il se trouve que le sport algérien a atteint un stade de régression ces dernières années qu'il n'a que rarement connu auparavant.
Les nouveaux présidents de fédérations sportives ont hérité d'une situation pour le moins problématique. Certes, il existe des talents dans certaines disciplines au niveau des jeunes catégories mais de là à dire qu'ils seront de grands champions dans trois ans, il y un pas que personne n'osera franchir. En se référant à ces jeunes qui se sont illustrés ces derniers mois dans des compétitions internationales, peut-on croire un seul instant qu'en 2016 ils seront prêts à réaliser des résultats plus que probants au Brésil ' Le Premier ministre a fixé Rio 2016 comme objectif mais il ne s'est pas prononcé pour quels résultats.
Si c'est pour un maximum de médailles, il serait à notre avis judicieux de sa part qu'il se ravise. L'Algérie a établi son record de médailles dans des Jeux olympiques à Sydney en 2000 avec un total de 5 podiums (une médaille d'or, un d'argent et trois de bronze). Quatre années auparavant, à Atlanta, elle avait fait un peu moins, trois en tout, mais elle avait obtenu deux médailles d'or.
Tous ces athlètes avaient été préparés de très longue date à de telles échéances. Noureddine Morceli, par exemple, avait dû attendre presque la fin de sa fantastique carrière d'athlète du 1500m pour s'emparer de l'or à Atlanta.
La longue et dure préparation de Makhloufi
Peut-on, aujourd'hui, raisonnablement croire qu'un athlète, qui arrive dans le circuit, puisse réussir à accéder à un podium dans trois ans à Rio ' Un président de Fédération que nous avons rencontré à la fin de la cérémonie de samedi dernier nous a dit que cela peut être possible «mais dans des disciplines de combat comme la boxe, voire le judo où le tirage au sort peut avoir son importance».
Comment alors s'attendre à des exploits des Algériens dans trois ans sachant que le manque d'expérience de ceux qui arrivent est plus que flagrant ' En 2012, personne ne pensait que Makhloufi était capable d'atteindre la finale du 1500m puis la médaille d'or aux Jeux de Londres.
Personne ' Certainement pas. Ceux qui le suivaient depuis un certain nombre d'années savaient qu'il avait des qualités pour réaliser quelque chose de concret dans la capitale anglaise. Nous nous souvenons que son ex-entraîneur, Amar Brahmia, nous a dit un jour, bien avant les Jeux olympiques de 2012, que cet athlète était une graine de champion et qu'il était en mesure de faire un bon résultat à Londres.
Lorsque Taoufik a commencé la saison d'athlétisme avec de bons chronos, Brahmia a vu son pronostic à la hausse estimant que l'enfant de Souk Ahras était capable de monter sur le podium. Makhloufi n'est pas devenu le champion qu'il est aujourd'hui sur un coup de baguette magique. Il est le fruit d'une préparation qui a duré des années, avec d'énormes sacrifices de sa part.
Cela dit, à défaut de médailles, les fédérations peuvent avoir comme défi de donner à l'Algérie une représentation en nombre à Rio en qualifiant un maximum de sportifs aux Jeux de 2016. Ce nombre a considérablement régressé lors des Jeux de Londres après avoir culminé lors des Olympiades précédentes, celles d'Athènes et de Pékin. Une qualification aux Jeux olympiques est déjà un exploit. Atteindre une finale olympique est une performance de taille. A Londres, en 2012, l'Algérie a remporté l'or grâce à Makhloufi mais en dehors de cet athlète ce fut le vide absolu. Pas un des autres Algériens engagés n'a passé plus de deux tours dans sa compétition.
En 2004 à Athènes, l'Algérie n'a obtenu aucun podium mais elle a participé à 7 finales olympiques dont celles de Salim Iles sur 50 et 100m nage libre, les deux grandes épreuves de la seconde discipline sportive des JO, la natation. A l'époque on avait crié au scandale parce que l'Algérie n'avait remporté aucune médaille dans la capitale grecque. Or, d'un point de vue général, le sport algérien se portait nettement mieux qu'il ne l'a été ces quatre dernières années. Il faudra tenir compte de ce paramètre quand les Jeux de Rio s'approcheront.
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