Des bidonvilles ceinturent cette cité et la rendent inhospitallière.
Quartier résidentiel depuis l'ère coloniale, Tagtagueya a perdu tous ses repères à la faveur des moeurs nouvellement introduites par les récents acquéreurs de l'immobilier, et l'extension des bidonvilles qui le ceinturent des trois côtés. Point de jardins ou de maisons à patio, ni de rencontres conviviales entre familles comme ce fut le cas autrefois. Rien que du béton et des commerces barbares, implantés çà et là, dans une promiscuité suffocante.
Marchands ambulants, hordes de marginaux et nouveaux riches achèvent tout espoir de redonner vie à cette partie du vieux Souk Ahras qui se meurt. «Tous les responsables, les élus en première position ont délaissé notre quartier ; on y anime sa campagne électorale pour ne remettre les pieds que cinq ans après», remarque un sexagénaire natif de la cité. Avec d'autres voisins, il signale des rues qui ne sont jamais éclairées, d'autres qui sont évités par les ramasseurs des ordures de l'APC, et d'autres encore qui ont été transformées en impasses par des constructeurs indélicats. Un ex-élu y a mis le paquet pour déloger plus de trente familles parmi les plus anciens locataires. L'un d'eux en témoigne: «Des dizaines de maisons familiales et autres en situation litigieuse ont été récupérées par des entrepreneurs, qui nous ont mis à la rue avec une facilité qui donne à réfléchir sur les moyens utilisés».
Les intempéries sont synonymes de peur pour des dizaines d'autres familles qui attendent vainement d'être relogées, depuis des décennies. «Seuls, les gens initiés aux coulisses des attributions de logements ont tiré profit de la précarité des vieilles bâtisses (...) ceux qui n'ont pas l'habitude du troc attendent toujours», a dénoncé un citoyen. Les agressions nocturnes, les vols par effraction et plusieurs autres fléaux s'incrustent confortablement dans ce quartier où tout va vers le pire.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abderrahmane Djafri
Source : www.elwatan.com