Les structures officielles locales naviguent à vue et les instances centrales destinataires souvent de bulletins de bonne santé ne peuvent s'en rendre compte que si un bateau chavire.
Tout est bureaucratie à Souk Ahras, et ce sont des centaines de jeunes candidats à l'emploi par voie de concours qui le confirment. Leïla a lu l'annonce d'un recrutement à l'université. Elle en a été privée parce qu'elle n'a pas pu retirer son casier judiciaire à temps. Voici sa déclaration: «J'ai préparé toutes les pièces demandées sauf une copie de mon casier judiciaire dont le dossier a été déposé depuis plus d'un mois.»
L'arrogance et l'agressivité décrites par cette jeune universitaire ont été confirmées de visu.
Des employés du tribunal de Souk Ahras se comportent, -et jusqu'à hier-, d'une manière dédaigneuse à l'égard des citoyens; ils profèrent des propos injurieux et menacent les jeunes citoyens de les «jeter en prison». Leïla a raté son concours et elle en a pleuré. Hakim se prépare pour un autre concours initié par une école de police. Il attend toujours ce fameux document sans jamais oser protester. «Si tu contestes, dit-il, tu es sûr que tu ne reverras plus ton dossier, et vas-y te plaindre ensuite à qui tu veux ; et puis je suis pauvre et franchement j'ai peur des représailles (khayef me'charyette)».
Un élu de l'APW a soulevé le problème des lenteurs dans la délivrance des casiers judiciaires lors de la toute dernière session de l'APW sans que cela provoque une quelconque réaction de la part du premier représentant de l'administration auquel incombe, également, le rôle régulateur des situations touchant à la politique générale. A l'état civil, tout se décrit dans le superlatif pour donner l'image d'une administration publique qu'un système de gestion défaillant à tous les niveaux a brisée. L'extrait de naissance y est délivré selon les humeurs et le calibre des interventions. Pour les parties concernées par l'organisation des épreuves de recrutement, la date butoir ne saurait être dépassée sous peine de subir des réserves de la part des autres instances, à l'instar des services de la fonction publique.
Ni l'un ni l'autre ne demandent la dérogation de reporter les délais et ce sont les jeunes chômeurs qui en pâtissent. Des dizaines d'autres demandeurs d'emploi ont révélé des pratiques préjudiciables. «Certains organismes employeurs publient les annonces d'emploi dans des quotidiens inconnus alors que l'affichage est souvent déchiré le même jour par des inconnus. Nos soupçons vont vers des complicités au sein même desdits organismes», nous confie Syhem, diplômée en communication. Autres griefs : des poste proposés par des ministère sont renvoyés vers la tutelle avec des arguments fallacieux quand la pression sa fait sentir chez la partie censée organiser un concours. Si l'on prive le jeune citoyen de son droit à la participation à ce genre d'épreuves pour un éventuel recrutement, toutes les tournures invoquées pour parler transparence et équité seront synonymes d'insulte.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abderrahmane Djafri
Source : www.elwatan.com