El BoughiN'est pas Souk-Ahrassien celui qui ne possède pas une copie de la chanson El Boughi.»
Cette sentence anonyme sied parfaitement au public de la salle Tahri Miloud, venu en grand nombre, le week-end dernier, pour une soirée musicale réservée exclusivement au genre malouf. Interprétée par le jeune ténor constantinois Abbès Righi, ce chef d''uvre du patrimoine où l'amour courtois exprime ses privations et ses grandeurs, a permis à l'émissaire de la ville des Ponts d'entrer en communion avec une assistance qui récitait sans faille les paroles du texte et vibrait au rythmes du luth et du violon. Une chéchia stambouli a été placée sur la tête du chanteur par un mélomane. Geste de respect pour la qualité du spectacle ou, mieux encore, un rituel pour l'entrée dans le cercle des grands cheikhs dont plusieurs sont redevables à cette ville où le malouf est pour certains un code de vie.
Ovationné à plusieurs reprises et sollicité pour prolonger sa présence sur scène, l'artiste a su «gâter» son public sans prétention ni fanfaronnade.
Le public local convié par l'association musicale Ichbilia, organisatrice de la soirée, a apprécié au même titre une sortie d'un autre monument de l'école annabie, Embarek Dakhla qui a emprunté au célèbre poète libanais Elia Abou Madhi des extraits de son poème existentialiste Talassem, pour interpréter un istikhbar avec un tact et une voix qui vous donne envie de rêver. Le maître incontesté, Hamdi Bennani, a égayé à la même occasion un public acquis il y a plus de quatre décennies.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abderrahmane Djafri
Source : www.elwatan.com