
De tous les secteurs d'activité, seul celui lié à la sauvegarde du patrimoine forestier n'avait pas fait parler de lui. Y compris au plus fort des crimes commis durant la décennie noire où leur mission de sauvegarde de l'environnement et facteur déterminant dans le développement rural était proche du suicide.Notamment dans leur lutte contre les trafiquants de liège qui, durant cette même période d'incertitude, avait eu la partie belle allant jusqu'à s'allier avec les terroristes. Les forestiers, cette catégorie de travailleurs et de défenseurs des richesses naturelles du pays, ont décidé de faire entendre leur voix. Le lâche assassinat de Salah Guetich, chef de district des forets de Bekaria (Tébessa) a servi de déclencheur. Trop, c'est trop ! ont-ils affirmé à travers toutes les régions du pays en référence à ce qu'ils ont enduré et à ce qu'ils endurent avec pour conséquence l'assassinat d'un des leurs. Le tort de ce dernier est d'avoir refusé de se soumettre au diktat de ceux qui à Tébessa croit disposer du droit à la vie des autres. Et pour cause, ils sont restés impunis au lendemain des actes de torture physique qu'ils avaient fait subir le 20 juillet 2002 au regretté Abdelhai Billiardouh journaliste. Sur la base de déclarations d'un repenti, Beliardouh avait osé cité Saâd Garboussi, le président de la Chambre de commerce et d'industrie des Nememchas (wilayas de Tébessa et de Souk Ahras), comme étant un pourvoyeur de fonds pour le terrorisme" et "participé au blanchiment des fonds du GIA, fruits du crime et du racket qui ont endeuillé les régions de Médéa et de Jijel. Si l'assassinat de Salah Guetich, ne s'est pas déroulé dans les mêmes conditions, le dépassement ayant conduit à sa mort est identique à celui de notre confrère. Et c'est ce qui a attisé la colère difficilement contenue depuis des années des forestiers. Ils l'ont exprimée en répondant à l'appel de la Fédération Nationale des Travailleurs des Forets, de la Nature et du Développement Rural qui a organisé ce dernier jeudi une journée de protestation à travers toutes les régions du pays. Ils dénoncent ainsi les agressions dont ils font l'objet et ponctué par l'assassinat de leur collègue à Tébessa. A Annaba, tous les gardes forestiers étaient présents devant le siège de la section syndicale de la conservation des forets leur wilaya. Après avoir marqué une minute de silence à la mémoire de leur collègue père de famille, ils ont dénoncé les agressions, les menaces et les intimidations dont ils sont quotidiennement victimes dans l'exercice de leurs fonctions. Ils ont souligné les mauvaises conditions de travail et l'impunité dont jouissent les gros bonnets de la mafia impliqués dans les opérations de pillage du patrimoine forestier national. Ils ont ponctué leur rassemblement par un appel à destination des plus hautes autorités du pays à l'effet de prendre en charge, pour améliorer, leurs conditions de travail. Dans ce cadre, ils appellent à la mise à disposition d'armes à même de leur permettre d'accomplir convenablement leur mission. Les forestiers envisagent lancer une autre journée de protestation le 10 décembre prochain.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Djabali
Source : www.lnr-dz.com