
Chaque année en pareille période, les demandes d'allocation touristique dépassent de loin l'offre, et c'est aussitôt la saturation des services concernés au niveau des banques.Ces derniers, qui en pâtissent, sont souvent entre une clientèle, qui arrive en même temps et en surnombre, et une direction, qui fait dans le favoritisme et la complaisance. Pis, ce rush, qui coïncide avec la phase des bilans annuels, où toute erreur est synonyme de retour à la case départ, ajoute un zeste de pression et de stress sur le personnel.Entre ceux qui désirent célébrer les fêtes de fin d'année du côté des villes tunisiennes, ceux qui y voient une aubaine pour réaliser des gains après échange des devises au marché parallèle et encore ceux qui n'espèrent que viser les passeports de l'autre côté de la frontière en prévision des sorties estivales, le parcours est le même.Choisir la banque où l'on a le plus de connaissances, s'assurer que les imprimés qui disparaissent des guichets dès les premières ruées de décembre et de juillet sont disponibles chez les intimes et attendre, pour les plus chanceux, parmi les demandeurs une semaine à quinze jours pour pouvoir prétendre à son allocation touristique. «Depuis la mi-décembre la majorité des directeurs de banque ont confisqué les prérogatives des services des passeports pour des raisons inavouées et l'on est souvent obligés d'inventer des balivernes à nos clients pour ne point porter atteinte à l'image de marque de notre institution bancaire», a avoué un banquier sous le sceau de l'anonymat.Côté clients, l'heure est aux critiques et à la spéculation. «Nous venons de nous rendre compte que ce droit est en passe d'être inscrit dans la liste des privilèges, et nos structures bancaires, pourtant étatiques, usent et abusent de bureaucratie aux fins de décourager leurs clients et favoriser les recycleurs informels de devises», a fustigé S.Abdennour, un client inscrit sur la liste d'attente depuis plus d'un mois. Des listes établies en bonne et due forme par certaines banques de Souk Ahras nous renvoient vers cette mesure d'usage adoptée dans les compagnies aériennes au profit des passagers potentiels, qui n'ont pu réserver leur place à temps, ou ceux qui désirent changer d'heure ou d'avion. Or, dans le cas des banques de Souk Ahras, la situation est toute autre. Il s'agit d'un deuxième collège de citoyens, qui passe après les employés de certaines entités officielles et autres personnes recommandées par les importateurs, la gent capable de représailles et les nantis de la wilaya.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abderrahmane Djafri
Source : www.elwatan.com