Théâtre régional Mustapha Kateb : Générale d'El Mouchaouahoune
Quelque part dans un pays où l'oligarchie est érigée en système de gouvernance, les sbires d'un roi despote sèment la terreur, asservissent le peuple, torturent et tuent dans l'impunité. Toute personne née dans ce pays doit courber l'échine en signe de soumission pour celui qui porte le trône. Tous développent une déformation au niveau de la colonne vertébrale avant l'âge de la maturité, et c'est là la preuve d'une allégeance au roi. L'une des familles transgresse la loi, et permet à son fils de marcher debout, depuis sa prime enfance. Il développe ainsi un corps élancé et un dos naturel. Les gardiens des vertus du royaume découvrent la trahison, arrêtent l'adolescent et le font condamner à mort par le monarque.
Le peuple se révolte et sonne le glas pour l'autorité du roi alors que les policiers changent de camp sans vergogne. C'est le résumé d'El Mouchaouahoune» (les déformés), une pièce théâtrale signée Lahcen Chiba et présentée dans la soirée de mercredi dernier au théâtre régional Mustapha Kateb de Souk Ahras. Adapté d'un texte rédigé par le Palestinien Akram Fawzi Keyali, le thème, aussi accessible puisse-t-il paraître, est aussi porteur d'un message universel qui met en garde tous les états policiers contre l'impossible conciliation entre les options monolithiques et tout peuple qui aspire à la liberté. La pérennité des systèmes rétrogrades est un leurre, et leur maintien par la force de la matraque est éphémère. Ali Aâchi (le roi) a donné au personnage qu'il incarne toute la faiblesse d'un tyran vivant dans le faste et en totale rupture avec son peuple.
Seules les rapports et autres accusations des chefs de sécurité comptaient pour lui. Une approche shakespearienne avec la présence de la reine-mère et la reine-épouse est décelée dans ce spectacle, qui nous met dans l'ambiance du chef-d''uvre Macbeth, où une femme opiniâtre et sans scrupules précipita l'effondrement du protagoniste par une série de conseils, les uns plus destructeurs que les autres. Présents sur scène, les onze acteurs ont montré une parfaite maîtrise de la langue théâtrale, où tout Algérien peut se reconnaître. Un dialectal sans accent et des phrases intelligibles ont contribué à la compréhension du texte part le public. La participation de quatre actrices à cet 'uvre, en l'occurrence Hadjer Zerrougui, Madiha Rahim, Soumeya Bouneb et Sabah Madi, est, en soi, un exploit pour cette jeune équipe d'acteurs, majoritairement universitaires, et qui comptent donner au quatrième art sa portée civilisationnelle. Le scénographe, Nadjib Benchadi, le compositeur musical, Kamel Lakhnari, et Toufik Bakhouche, le réalisateur-adjoint, ont contribué à la présentation de ce travail artistique couronné par des applaudissements et des cris d'encouragement d'un public connaisseur.
Grogne à la cité Bendada
Des dizaines d'habitants de la cité Bendada de Souk Ahras ont bloqué la RN80, mercredi soir, pour protester contre l'état lamentable des routes de leur quartier. L'état poussiéreux de la chaussée et les difficultés rencontrées par les automobilistes continuent d'exaspérer les citoyens de la partie sud de la ville, qui disent avoir vainement frappé à toutes les portes pour mettre un terme à ce problème.
Un récente opération de décapage de l'ancienne couche de bitume entamée par une entreprise locale a, semble-t-il, aggravé la situation. La protestation qui a gagné d'autres quartiers, notamment la cité Diar Ezzerga, a duré plus d'une heure. Les contestataires ont été dispersés par les services de sécurité.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abderrahmane Djafri
Source : www.elwatan.com