
Au bout de 3 minutes 34 secondes d'une finale olympique à suspense d'un 1 500 m courtisée par diverses nations, Makhloufi Taoufik a mis du baume au c'ur de millions d'Algériens, déçus par tant de mauvaises nouvelles provenant de Londres depuis fin juillet. Il a fallu donc une dizaine de jours pour que les Algériens puissent, enfin, vivre un très court, mais précieux, moment de bonheur. Il leur a été offert par un jeune natif de Souk Ahras à qui ses compatriotes ne cesseront pas de dire merci et bravo. C'est d'autant plus méritoire que le désormais champion olympique a fait face à d'innombrables contrariétés. Pas uniquement de ses adversaires sur les pistes, nombreux à postuler pour une place sur le podium. Cette adversité là est inscrite sur l'agenda de tout athlète. Elle est inscrite en caractères gras, parfois à l'encre rouge, dès qu'il s'agit d'une compétition comme les JO. Mais pour la circonstance, Makhloufi, cette hirondelle de l'antique Thagast qui ne peut pas faire le printemps d'un sport algérien en ruine, a dû batailler dur pour en arriver là où il est arrivé maintenant ! Pour sa première participation à des JO, Makhloufi a été ainsi soumis à des obstacles qui ne sont pas inscrits sur la liste de départ d'athlètes en lice. Le chronomètre nécessaire pour quantifier ce genre de contrariétés n'est pas encore inventé. Mais, dans les faits, Makhloufi en a fait la pénible expérience. A défaut d'être quantifiée, son adversité non-déclarée porte bien un nom. C'est l'incurie des dirigeants. Car, dans le cas en question, il est difficile de ne pas déduire qu'on a voulu imposer des travaux d'Hercule à un frêle Taoufik. Sinon à quelle logique répond son inscription sur deux compétitions dont les finales sont programmées à une heure seulement d'intervalle' Une décision sportivement injustifiable et moralement condamnable. L'amateurisme de nos dirigeants a bien été le moteur principal de la présence de trop de Makhloufi dans les 800 m. Les explications fournies par le président de la Fédération algérienne d'athlétisme ne sont pas convaincantes. Dire que c'est l'athlète qui a opté pour courir dans les deux spécialités, c'est faire preuve de légèreté et d'absence de rigueur. Deux attitudes qui n'ont pas à exister quand on s'engage dans des JO. Mais, au bonheur des faussaires et adeptes de victoires sans effort, il y a toujours des facteurs extra-sportifs pour noyer certaines infractions à l'esprit du jeu. C'est justement ces facteurs qui ont évité à Makhloufi une sanction pourtant prononcée. Et c'est les mêmes facteurs qui ont «immunisé» le nageur Tunisien, Mellouli, alors qu'il a été passible d'une sanction en boudant une course à cause de la présence d'un athlète israélien dans le bassin. Mais loin de ces enjeux, le constat est implacable : la participation algérienne aux JO a plutôt brillé dans la rubrique des vols et scandales que sur le tableau des performances. Et ce triste bilan, moralement et techniquement, ne devrait pas rester sans nom. Une médaille d'or gagnée contre vents et marées ne peut pas cacher une gestion hasardeuse des instances où on court plus vite derrière les privilèges. Où le statut de dirigeants doit être réhabilité !
A. Y.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amirouche Yazid
Source : www.latribune-online.com