
Le bras de fer engagé entre le maire et les membres de la section syndicale prend une tournure grave.Les protestations non-stop des travailleurs de la commune de Souk Ahras, avec comme chef de file la section syndicale affiliée à l'UGTA, sont déjà au point de non-retour, et les récentes mesures adoptées par le maire contre les syndicalistes sont loin de faciliter le dialogue. Hier, des dizaines d'employés de la commune ont transformé une assemblée générale ordinaire, prévue à la salle Djoued Noureddine, en sit-in improvisé. Instruction a été donnée au responsable de ladite salle pour que celle-ci soit fermée à double tour, avant l'arrivée des travailleurs.Une demande en bonne et due forme avait été adressée au préalable au P/APC et à l'Union de wilaya, leur tutelle syndicale. Celle-ci, dominée par le frère du maire, aurait conseillé de faire fi de ladite demande, pourtant conforme aux textes, si l'on se fie aux pièces présentées à El Watan.«Par son entrave à l'exercice du droit syndical, le P/APC de Souk Ahras vient de signer l'escalade de notre mouvement de protestation (?) nous irons droit vers une grève et des regroupements cycliques devant les sièges de la commune et de la wilaya», a déclaré Nadjib Takkouche, président de la section syndicale. Tout en qualifiant de «stalinienne» l'attitude du P/APC, notre interlocuteur énumérera une série de décisions illégales prises par le premier magistrat de la ville à l'encontre des membres de la section syndicale.«Dans quel pays sommes-nous pour admettre que le premier édile de la ville change de ses propres mains les serrures des bureaux du personnel et de la réglementation et prive des fonctionnaires de regagner leur service '», s'est-il demandé. A noter que des mutations, décidées toutes en même temps et signées au mois de juillet dernier par le P/APC, n'ont pas été respectées par les membres de la section syndicale, car elles sont considérées sans fondement légal.Dans le cadre de ces mêmes représailles, un syndicaliste a été admis d'office à la retraite de manière précoce à son insu, et sans que cette démarche soit justifiée par une demande de sa part, d'où des supputations quant à certaines complicités à plusieurs échelles. De même, pour de récentes permutations d'employés sympathisants de la section syndicale, dont un ingénieur du parc communal remplacé par un ouvrier professionnel. Approché, hier, un vice-P/APC a exprimé le souhait de ramener les deux parties à la table du dialogue pour le bien de la gestion des affaires de la cité. «Nous devons reconnaître au maire le statut de P/APC avant de considérer la personne physique et je conçois autrement les relations professionnelles entre un gestionnaire et ses subordonnés. Toute concession est bénéfique pour les deux parties», a-t-il commenté.Les hostilités entre les deux camps, affichées bien avant la reconduction de l'actuelle section syndicale par plus de 600 travailleurs, mobilisés lors d'une élection-manifestation contre le P/APC, ont dégénéré en conflit frontal depuis les premières séances de travail demandées par les représentants des travailleurs et où il était surtout question de revendications socioprofessionnelles. Il s'agissait notamment du respect des employés de la commune, victimes de dépassements multiples, de régularisation des primes et autres arriérés dans les délais légaux, de l'arrêt des mutations et des promotions de complaisance, de l'implication positive du partenaire social, du refus de la mainmise du maire sur les ?uvres sociales et du suivi des opérations de recrutement entachées d'irrégularités, selon des correspondances antérieures. Rien ne baigne dans l'huile à l'APC de Souk Ahras, et cela dure encore?
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abderrahmane Djafri
Source : www.elwatan.com