La polémique qui entoure la rareté de la main-d'?uvre dans certains secteurs dans la wilaya de Souk Ahras, à cause, présume-t-on du côté des employeurs, d'une «satiété» par rapport aux salaires proposés, est souvent tronquée de quelques vérités, qui ne versent pas forcément vers le premier alibi.Les témoignages recueillis çà et là concernant le refus de quelques métiers sont fort révélateurs. En voici un premier. «J'ai trimé durant dix longues années dans une entreprise privée du bâtiment sans jamais bénéficier de mon droit à la couverture sociale, avec en plus des arriérés que ne je n'ai jamais perçus», a tonné Abdelmalek S., un maçon, père de six enfants.
Son collègue de travail, un chauffeur de camion, n'est pas mieux loti. Il a été mis à la porte pour avoir réclamé son dû. Les entreprises de bâtiment, qui pullulent à Souk Ahras, sont considérées par une majorité de ces travailleurs sans droits comme des vecteurs de malaise social. Cette même situation est partagée par les travailleurs du secteur de l'agriculture, qui peinent dans leur majorité à percevoir un mini-salaire journalier ou une mensualité payée avec échéancier, sinon au gré de la récolte.
Un autre témoignage : «Cela fait trois années que mon employeur applique la loi de la carotte et de la perche, sans jamais honorer ses engagements par rapport à la régularisation de ma situation sociale et le paiement de mes salaires impayés, en vain.» C'est ce qu'a lâché un quinquagénaire de la commune frontalière de Lakhdara, rencontré, dépité, à la sortie de l'inspection du travail.
Des cuisiniers, des serveurs, des agents de maintenance et de nettoyage, recrutés pour être déclarés au niveau des assurances sociales et payés par rapport au SNMG, passent le plus clair de leur temps à expliquer exploitation et peinent à le faire face à des employeurs voraces et de plus en plus introduits auprès des instances locales de contrôle.
«Les déplacements depuis le village où j'habite, qui est dans la proximité de la commune la plus éloignée du chef-lieu de la wilaya abritant les instances où je dois déposer ma doléance, ont fini par me fatiguer. N'est-il pas indiqué que des contrôles inopinés soient préconisés comme solution à cette exploitation de l'homme par l'homme, dont je suis victime depuis des années. De plus, je traîne les séquelles d'un accident de travail, dont les droits n'ont jamais été déboursés par mon employeur, j'en témoignerai devant toute partie responsable», un lancé un artisan de la daïra de Sedrata, victime d'un cas flagrant du non-respect de la législation du travail, un phénomène qui va crescendo à Souk Ahras, malgré les bulletins de bonne santé.
Les centaines d'affaires traitées chaque année par voie de justice en disent long sur le malaise ressenti par ces contingents de travailleurs forcés à bouder les secteurs de non-droit par excellence, ceux du bâtiment et des services à leur tête.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abderrahmane Djafri
Source : www.elwatan.com