Souk-Ahras - A la une

Les incendies fragilisent l'économie locale Khelil Ibrahim Rouainia. Président de la coopérative agricole de Souk Ahras et président du Conseil interprofessionnel du lait de l'Est algérien



- Cette année, la wilaya de Souk Ahras a connu trois fois plus de feux de forêt que les années précédentes. Quel est l'impact sur l'agriculture locale '

Beaucoup d'agriculteurs ont été touchés. Les apiculteurs en particulier ont eu beaucoup de pertes, les éleveurs de bovins et caprins (chèvres) également. Il y a eu également beaucoup de pertes d'animaux sauvages comme les serpents, les tortues, les lapins ou encore les sangliers, surtout dans la région de Mechraha. Quant aux apiculteurs, la plupart ne sont pas des professionnels et beaucoup d'abeilles sont mortes. Les incendies les fragilisent et, par conséquent, cela fragilise l'économie locale, car notre wilaya se hisse à la quatrième position en matière de production de miel. C'est notre patrimoine qui est en train de disparaître petit à petit. Un jour, on ne trouvera plus un seul arbre.

- Des indemnisations sont-elles prévues par l'Etat '

Normalement, oui, car ces incendies sont des cas de force majeure. Les agriculteurs sont généralement pauvres, ne possèdent pas d'assurance, et sans le soutien de l'Etat, ils disparaîtraient. Ils n'arrivent pas à s'en sortir et vendent souvent à perte. Par exemple, le prix de revient de la production du lait dépasse les 100 DA. Le prix du lait est réglementé à 25 DA. Cependant, l'agriculteur paie 17% de TVA.

- La suppression de la TVA pourrait-elle diminuer ce genre d'actes '

Ils devraient être exonérés comme dans tous les pays du monde. En Tunisie, par exemple, les agriculteurs ne payent ni TVA ni taxes sur le matériel importé de l'étranger. L'essentiel est de soutenir l'économie nationale. De nombreux aspects affaiblissent l'agriculteur algérien. Il faudrait par exemple faciliter l'acquisition de véhicules pour aider à l'acheminement des produits. Autre problème quotidien, l'Etat n'a pas investi dans l'eau pour les agriculteurs en montagne. Les agriculteurs attendent les aides de l'Etat, mais ne sont pas organisés. Il n'y a pas d'associations ni de syndicats et la Chambre d'agriculture n'est pas efficace.

- Comment pourrait-on prévenir ces situations '
Le problème est le manque de volonté politique. Pourquoi ne pas développer l'élevage des bovins plutôt que d'importer de la viande buffalo d'Inde ' On importe des pommes, du kiwi, ou encore du raisin. Pourquoi ne pas en produire en Algérie ' Il faut aussi valoriser et préserver les terres agricoles. J'ai vu une autoroute traverser un champ d'orangers, ça ne devrait pas exister.
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