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Vulnérabilité des sites stratégiques Edito : les autres articles



Vulnérabilité des sites stratégiques                                    Edito : les autres articles
L'incendie qui a ravagé, la semaine dernière, l'imprimerie de la Banque d'Algérie située au Ruisseau (Alger) pose une nouvelle fois la question récurrente de la sécurité des sites stratégiques du pays. Même si les autorités bancaires se sont montrées rassurantes sur les conséquences de ce sinistre quant au fonctionnement de cette imprimerie et écarté toute perturbation dans la disponibilité des liquidités, il demeure que le fait est grave. La facture aurait pu être autrement plus lourde au double plan matériel et technique qu'humain. L'institution bancaire (la monnaie) relève du domaine de la souveraineté nationale. A ce titre, elle revêt une égale importance au plan stratégique que d'autres institutions officielles de l'Etat ainsi que les organismes représentant le pavillon national, comme la CNAN, Air Algérie ou encore Sonatrach, la première entreprise nationale, avec ses sites pétroliers du pays, Sonelgaz'Ces structures devraient bénéficier de mesures particulières de sécurité eu égard à leur statut spécifique.
Les accidents dus souvent à des négligences et touchant des sites et institutions officiels se sont multipliés ces dernières années du fait de la situation d'anarchie qu'a connue notre pays, engendrant un relâchement de la vigilance au plan de la prévention et de la protection des infrastructures et des équipements publics. Les graves incendies qui avaient affecté il y a pas longtemps les raffineries de Skikda et d'Arzew ne semblent pas avoir provoqué le nécessaire déclic auprès des pouvoirs publics pour mettre en place les dispositifs de sécurité appropriés de nature à faire face à tous les aléas auxquels ces réalisations, et d'autres poumons de l'économie du pays, pourraient être exposées. Toutes les enquêtes diligentées et les engagements pris au niveau interne et institutionnel pour faire la lumière sur les causes de ces catastrophes et situer les responsabilités n'ont pas connu de suite. Affaires classées, comme toujours !
L'exemple le plus symptomatique de la vulnérabilité de nos sites stratégiques due à la négligence humaine et à la mauvaise gestion et appréciation des risques reste incontestablement l'attentat à la bombe qui avait soufflé le Palais du gouvernement, altérant considérablement ce qui restait de l'autorité de l'Etat.
Pour revenir à l'incendie de la Banque d'Algérie, vu de l'extérieur rien n'indique que derrière le portail en fer et le mur d'enceinte, serti de plaques de tôle pour assurer la discrétion au site, se cache une imprimerie qui fabrique des billets de banque. Une vocation qui fait d'elle un organisme exposé à tous les risques : attaques, sabotage' Aucun dispositif particulier de sécurité n'est visible à l'extérieur. Et c'est certainement le cas à l'intérieur du site, qui semble être géré au plan de la sécurité comme n'importe quelle imprimerie artisanale fabriquant des cartes de visite. Quand on sait qu'une trentaine de familles occupent des logements de fonction à l'intérieur de l'imprimerie, ce genre d'accident était inévitable et devait fatalement arriver un jour ou l'autre. Le danger pouvait provenir de l'intérieur de l'imprimerie comme de son environnement. La négligence et l'irresponsabilité commencent à ce niveau.
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