Skikda - A la une

Une célébration au goût amer



Comme d'habitude, Skikda a fêté sa fraise locale. Mais en dépit du tintamarre et des camions qu'on a fait défiler, la fête de cette année n'est pas parvenue à faire oublier la réalité d'un produit du terroir qu'on ne cesse de «maltraiter», d'année en année.La fraise est devenue, et depuis assez longtemps déjà, juste un faire-valoir. De qualité bio, la fraise de Skikda n'est toujours pas labellisée comme les responsables ne cessent de le promettre depuis des décennies. Bien au contraire, les superficies réservées à ce fruit dans ses terres d'origine à Aïn Zouit, Grande-Plage et Stora ne cessent de rétrécir et dangereusement même. «Il y a quelques années seulement, des dizaines de familles à Aïn Zouit vivaient de cette culture.Plus maintenant. Les gens ont délaissé la fraise car toutes les promesses qu'on ne cessait de nous faire à chaque fête, n'ont jamais abouti», témoigne un producteur de fraises de Aïn Zouit. Il assure même que c'est sa dernière année et qu'il ne produira plus ce fruit. «Nous sommes fatigués. Il y a dix années déjà, on nous avait promis de nous accorder, à titre de concession, quelques lopins inclus dans le domaine forestier. Les mêmes promesses vont encore être formulées cette année, mais on sait que rien ne se fera.On a l'impression qu'on voudrait laisser ces terres envahies par les mauvaises herbes plutôt que de les accorder à des gens qui veulent y travailler», estime notre interlocuteur. D'autres producteurs de Aïn Zouit et de la Grande-Plage évoquent également les contraintes techniques propres à cette culture. «La fraise de Skikda adore les terres des versants marins qui lui assurent une fraicheur et un taux d'humidité assez conséquent. Mais travailler ces terres est trop pénible et généralement ce sont les femmes qui assurent l'entretien des plants.On a demandé à ce qu'on nous aide au moins avec un engin à chenille pour nous faciliter le travail, mais personne ne semble se souvenir de nous une fois la fête de la fraise terminée». Ce que racontent les producteurs de Skikda et de Aïn Zouit est une amère réalité. Pour la seule région de Aïn Zouit, les superficies cultivées cette année n'ont pas dépassé les 60 ha, alors qu'il y a quelques années seulement, cette même région cultivait plus de 100 ha. Même en termes de production, on a enregistré une chute de plus de 2000 quintaux, comparativement à la campagne 2015. Les gens fuient cette culture exigeante et contraignante.Sans encouragement, la fraise de Skikda finira un jour ou l'autre par disparaître? Ce serait dommage pour une variété autochtone qui ne pousse que sur les terres marines allant de Stora à Oued Bibi. On a essayé de la planter ailleurs, même en Egypte, mais elle n'a pas poussé pour autant. Une fraise belle et rebelle.
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