Fermetures d'unité de production, suppression d'emplois, pessimisme des industriels du secteur et hausse de la demande sur le marché national caractérisent actuellement le carton d'emballage algérien.
Très mal en point dans notre pays ces trois dernières années, ce secteur de la Petite et Moyenne entreprise est en crise. Il est entré dans une zone véritablement dangereuse. L'on est loin des idées exprimées par les responsables à différents niveaux du gouvernement quant au renforcement des capacités de production, des stimulations à l'investissement et de mise à niveau, notamment dans les rares entreprises publiques économiques encore en activité. Dans ce même secteur, il n'y a pas eu d'investissement direct étranger à même de donner accès aux nouvelles technologies et aux nouvelles méthodes de management. Sur ce plan, la déception des opérateurs économiques algériens est totale, tout autant que les animateurs collecteurs de papier et transformateurs qui ont perdu une grande partie de leurs repères. Cette situation a eu pour conséquence directe la disparition de 10 unités de production d'emballage à carton sur les 14 qui existaient. En indirect, ce sont des centaines de collecteurs de papiers, colleurs et commerçants qui ont mis la clef sous le paillasson. Les premiers avaient été confrontés à des difficultés financières, les seconds à une forte baisse de l'offre en termes d'emballage en carton dont l'ondulé. Les 4 unités de production encore en activité à travers le territoire national ne devraient pas tarder à annoncer leur cessation d'activité. Les unes n'ont pas les moyens d'acquérir la pièce de rechange ou le matériel neuf ou rénové pour réhabiliter leur outil de production, les autres parce que livrés à eux- mêmes et à l'avidité des banques. Les premiers avaient pourtant cru en la disposition de la loi des finances 2010. Elle précise l'autorisation d'importation d'équipements et pièces de rechange rénovés. Plusieurs mois après, tous ont déchanté. A ce jour, cette disposition est toujours au stade de texte de loi. Ne voulant plus prendre aucun pari sur l'avenir, des investisseurs intéressés par cette activité de production d'emballage ont préféré prospecter ailleurs. Les malheureuses expériences vécues par ceux qui avaient tenté l'aventure leur ont donné à réfléchir. «Comment peut-on admettre la disparition de cette industrie du papier et de l'emballage en Algérie au moment même où elle se développe dans d'autres pays, dont ceux voisins. Sur les 150 000 postes de travail directs et indirects que ce secteur générait les précédentes années dans notre pays, il n'en reste plus que 30 000. Et encore, je peux affirmer que tout autant que leur employeur, ils sont en sursis,» dira un des cadres dirigeants de la Société industrielle de fabrication de carton ondulé dans la wilaya de Skikda. Comme ses trois homologues, il fait preuve d'un réel pessimisme quant à croire que le secteur algérien du papier emballage survivra à cette crise qui n'en finit pas de durer. Les membres de l'association des cartonniers algériens qui regroupe également d'autres animateurs indirects du secteur, tentent de sauver ce qui peut l'être. Leur objectif est d'abord de créer une synergie entre tous les intervenants dans la filière et les pouvoirs publics. Les arguments pour défendre l'outil de travail de ses adhérents ne manquent pas. Les plus importants sont : les risques de disparition de toute cette filière de la PME avec ce qui reste comme postes de travail, l'indisponibilité chronique sur le marché national de l'emballage en papier carton qui, importé, reviendrait énormément cher aux utilisateurs et surtout, la hausse des besoins nationaux en la matière. Ces deux dernières années, ces besoins sont passés de 100 000 à 170 000 tonnes/an. Des opérateurs économiques ont tenté à maintes reprises d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur la situation de ce secteur. Les dirigeants de la société d'emballage Tonic sont du lot, eux qui ont lutté bec et ongles pour une sérieuse prise en charge du dossier papier emballage par les pouvoirs publics. Fer de lance de la production en couvrant plus de 20% des besoins du pays, cette société privée active largement en dessous de ses capacités. Par ailleurs, qu'elles soient publiques ou privées, des entreprises de production ont fermé parce que mises en faillite l'une après l'autre sans que nul des responsables du pays ne trouve à redire. C'est notamment le cas des entreprises économiques publiques à Souk-Ahras et à Bourouba et celles privées, l'algéroise de l'ondulé, MACO et CDO. Avec ses effectifs composés de cadres et travailleurs d'un grand savoir-faire technologique et commercial, l'EPE de Saïda ne fait que remettre à plus tard cette malheureuse échéance. D'une certaine manière, il lui est accordé un sursis avant que ses équipements de production importés à coups de milliards en devises n'aillent rejoindre le dépôt des illusions perdues de la PME en Algérie. Quant à ce qui reste comme producteurs privés d'emballage en papier, leur résistance s'est érodée au gré des difficultés financières auxquelles ils sont constamment confrontés. «Comme si cela ne suffisait pas voilà qu'on m'impute à tort un marché de 600 000 euros avec une société italienne. Ce qui est totalement faux. La situation du papier emballage dans notre pays est très critique. A moins d'une sérieuse prise en charge de ce dossier par les pouvoirs publics, nous allons vers la disparition de la production du papier emballage», a affirmé Mohamed Boussebai, manager de la Société industrielle de fabrication de carton ondulé à Boumaïza, dans la commune de Benazzouz, wilaya de Skikda.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Djabali
Source : www.lnr-dz.com