Skikda - A la une

"Un déni de droit, un sabotage économique"



Le blocage du projet de Cevital portant réalisation d'une usine de trituration des graines oléagineuses à Béjaïa n'inquiète pas uniquement les opérateurs économiques et les salariés du groupe. Désormais, les partis politiques s'en mêlent et dénoncent un "déni de droit". C'est le cas de Talaïe El-Houriat, le parti d'Ali Benflis, qui estime, dans un communiqué rendu public hier, après la réunion de son bureau national, que le blocage du projet de Cevital illustre "le degré de politisation de l'acte économique et la gestion antiéconomique de l'acte d'investir". Plus que cela, le parti d'Ali Benflis considère que "le comportement scandaleux des donneurs d'ordre occultes et de l'administration", dans cette affaire, "constitue, tout à la fois, un flagrant déni de droit, une décision arbitraire, un acte de sabotage économique, une violation du principe constitutionnel de la liberté d'investissement et de commerce et de l'obligation de l'Etat d'encourager l'épanouissement des entreprises, sans discrimination". Plus qu'un acte de sabotage, Talaïe El-Houriat voit que ce blocage illustre parfaitement la manière du pouvoir de gérer l'économie du pays. La formation politique constate que "le degré d'allégeance au pouvoir en place est devenu un des principaux critères pour qu'un projet d'investissement bénéficie de l'accompagnement de l'administration". Pis encore, le parti qualifie cette démarche d'"anti-économique" car "elle porte préjudice à l'économie nationale qui ne peut être gérée par le fait du prince".Jusque-là, les réactions politiques contre le blocage du projet de Cevital sont venues de certains partis politiques de l'opposition, notamment au niveau local. Au niveau national, seule la direction du RCD a abordé ce sujet dans plusieurs communiqués qui ont conclu les réunions de son bureau national. Puis, 24 députés, de toutes les obédiences politiques représentées à l'APN, ont écrit une lettre au président de la République pour l'appeler à débloquer ce projet en souffrance depuis maintenant 510 jours. De son côté, Karim Tabbou, porte-parole de l'Union démocratique et sociale (UDS, non encore agréé), a critiqué la démarche des autorités. Des manifestations ont eu lieu dans la ville de Béjaïa et dans d'autres localités, avec la participation de personnalités connues, telles que Djamel Zenati du MCB. Mais pour l'instant, les autorités ne veulent rien savoir et les équipements du groupe Cevital sont toujours bloqués au port de Skikda, alors qu'ils ont été dédouanés en bonne et due forme. Pendant ce temps, l'affaire sort des frontières de l'Algérie. La presse étrangère, notamment française, s'y intéresse de plus en plus.
A. Boukhlef
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