Skikda - Revue de Presse

Trois familles jetées à la rue



Ce sont les étudiantes de l'université de Skikda qui ont tenu, avant-hier, à alerter la presse en l'informant de la détresse de trois familles que la force publique s'apprêtait à expulser. Une fois sur les lieux, une atmosphère lugubre emplissait les lieux, tout près du rectorat. Des cris de femmes au bord de l'hystérie fusaient de partout, et des hommes, carrément en pleurs, criaient à qui voulait les entendre qu'ils sont victimes de hogra. « Où irons-nous maintenant ' On n'a aucune maison pour accueillir nos femmes et nos enfants ». Près des lieux, des gendarmes tentent de calmer les esprits. Des dizaines d'étudiants regardaient le malheur de ces gens qu'ils connaissent parfaitement. « Je suis un membre du syndicat UGTA de l'université, et nous déclarons notre soutien à ces familles », dira un employé de l'université qui ajoute que les organisations estudiantines, elles-mêmes, auraient décidé de soutenir la cause des expulsés. Parmi ces derniers, une mère et ses deux enfants, habitaient une sorte d'atelier en fer corrodé datant de la période coloniale. « Moi, je suis né ici, raconte l'un des membres de la famille, mon père travaillait ici au temps où les lieux abritaient l'ancienne école d'agriculture. Aujourd'hui, on vient nous chasser sans qu'on daigne au moins nous attribuer un toit pour nous abriter ».La mère, une femme âgée très frêle, ne cessait de crier son désarroi. Un autre membre de la famille, tout en exhibant des lettres adressées à Bouteflika et à d'autres ministres, tiendra à revenir sur la genèse du drame qu'il vit, en ces termes : « Il y a quelques années, on est venu nous informer qu'on allait être délogé et en contrepartie, on nous a donné trois clés en nous informant qu'on a bénéficié de trois logements ruraux à Bouzaâroura dans la commune de Fil-Fila. On ne nous a même pas donné un acte prouvant la propriété. N'empêche, nous nous sommes réjouis, mais une fois à Bouzaâroura, on a remarqué que les logements devant être les nôtres étaient en réalité déjà occupés par d'autres personnes. On a aussitôt informé la daïra, mais aucune réponse ne nous a été donnée. Aujourd'hui, voilà où nous en sommes. »A relever que les logements ruraux de Bouzaâroura, qui ont fait couler beaucoup d'encre, demeurent à ce jour un grand mystère. Bref, la patience des gendarmes allait enfin avoir le dessus et les habitants ont accepté de vider les lieux dans une atmosphère de deuil. Là, un signe de solidarité exemplaire a été donné par les travailleurs de l'université qui ont refusé de contribuer à faire sortir les meubles des familles. Nous avons tenté de joindre le chef de la daïra de Skikda, mais on nous a informé qu'il était en réunion. Les enfants, à leur sortie de l'école, ne comprenaient pas ce qui leur arrivait. Ils devront, malgré eux, préparer leurs compositions de fin d'année à la belle étoile. A-t-on pensé, au moins, à ces enfants et à leur scolarité '
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)