La générale de Amaliat Nouh (Opération Noé), réalisée par Amar Mohsen et produite par le Théâtre régional de Skikda, a convaincu le public venu assister au spectacle jeudi dernier, mais les connaisseurs restent insatisfaits du point de vue mise en scène et décor.
Amar Mohsen revient aux planches après une vingtaine d'années d'absence avec la reprise d'une pièce qu'il déclare avoir adaptée au contexte actuel. Amaliat Nouh (Opération Noé), produite par le Théâtre régional de Skikda, est l uvre du dramaturge égyptien Ali Salem. Elle relate dans la nouvelle version les péripéties de trois personnages : «Hikmane, représentant la bourgeoisie compradore, Rihane, la propriété foncière et Hibane, l'opportunisme». Ces trois personnages, qui n'ont eu de cesse de profiter de tous les biens et de tous les privilèges, sont les premiers informés sur une grande catastrophe qui ne tardera pas à s'abattre sur le pays. Afin de sauver leur peau et celle des leurs, ils font appel à un expert du nom de Noé pour parer à l'imminence d'un grand tsunami.
Celui-ci propose la construction de trois grands bateaux dans lesquels seront embarqués des couples capables de reconstruire le pays une fois le danger écarté. Seulement, nos protagonistes, dans la continuité de leur politique, choisissent leurs proches aux dépens des compétences préconisées par Noé. Cette manière d'aborder le remède aux maux qui malmènent les pays, tels que le nôtre, est somme toute classique. En effet, depuis Babor Ghraq de Slimane Ben Aïssa, nos auteurs optent, pour la plupart, à ce type de stratagème : une catastrophe purificatrice ! A la limite du nihilisme. La mise en scène, qualifiée de «radiophonique» par un spectateur connaisseur, n'a pas créé l'illusion attendue, bien que le réalisateur ait introduit des techniques cinématographiques.
Ayant longtemps travaillé pour le compte de la télévision, il n'a pas pu s'empêcher de faire appel à l'écran et d'illustrer des scènes extérieures. Le décor exécuté par Zaâboubi est pour le moins rudimentaire, tant il ne suscite quasiment pas l'atmosphère attendue. Néanmoins, le public a réagi positivement au jeu et à l'humour des comédiens et a beaucoup apprécié la montée en puissance d'un jeune talent, Kamal Bilek. Loufoque, espiègle et très agile sur scène, il a su retenir l'attention du public et apporter un plus.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lounès Gribissa
Source : www.elwatan.com