Non-assistance à enfance en danger
Laissez donc ces enfants mourir », telle semble être la décision prise ou du moins approuvée par l?Etat algérien. On ne peut l?exprimer autrement. L?Etat représenté par Tayeb Louh continue depuis le mois d?avril dernier à faire fi des souffrances de dizaines d?enfants atteints de déficience en hormones de croissance en brisant leur rêve de devenir un jour, grands. L?organisme de ces enfants, (combien sont-ils d?ailleurs en Algérie ?), est incapable de produire les quantités d?hormones indispensables à leur croissance. Ils doivent impérativement substituer ce déficit en suivant une thérapie de longue haleine (plusieurs années sans interruption) grâce aux apports des hormones biosynthétiques, faute de quoi, ils se voient condamnés à rester petits en accusant en moyenne une perte de 40 cm par rapport à la taille normale. Le médicament le plus utilisé sur le marché local est le Norditropine-Nordilet. Pourquoi donc deux appellations pour le même médicament ? Justement c?est là que réside l?essence même de la bêtise de la CNAS, couvée, il faut l?admettre, par le silence complice de l?Etat. Explications : le médicament était commercialisé sous le nom de Norditropine et était remboursable. Chose qui permettait aux enfants malades, déclarés malades chroniques par la CNAS, de poursuivre leur traitement. Le mois d?avril dernier, la Norditropine a complètement disparu des officines et s?est vu remplacée par une nouvelle dénomination commerciale : Nordilet qui ne figure étrangement pas sur la nomenclature des médicaments remboursables. Là commence la galère des parents, car la nouvelle dénomination coûte les yeux de la tête. Le père de Anis, un enfants de 9 ans, déclare ouvertement son incapacité à supporter encore la facture du traitement de son enfant « le traitement d?un seul trimestre me revient à 110 585 DA et mon enfant doit poursuivre sans interruption son traitement jusqu?à l?âge de 16 ans. Dites-moi ce que je dois faire ? » Le parent d?un autre enfant atteint de la même pathologie a préféré carrément arrêter le traitement de son fils. Le père de Anis a tenté de sensibiliser la direction générale de la CNAS. Cette dernière se contentera de lui répondre : « Nous avons le regret de vous informer que le médicament en question (Nordilet, ndlr) ne peut être pris en charge par la caisse du fait qu?il ne figure pas sur la liste des médicaments remboursables par la sécurité sociale. » Sans commentaire ! La CNAS, à ce jour, n?a pas inclu Nordilet dans ses mises à jour, alors que ses listes portent (étrangement) l?appellation de Norditropine, un médicament qui n?existe plus sur le marché local. Elle refuse d?admettre volontairement que la Norditropine et le Nordilet son quasiment le même médicament fabriqué par le même laboratoire Novo Nordisk en l?occurrence. Apparemment, seule l?Algérie continue de vaciller entre deux appellations qui sont finalement une seule, puisqu?au Maroc par exemple où le médicament est remboursable, l?appellation est uniforme : Norditropine-Nordilet. Les enfants de Sa Majesté seraient-ils plus précieux que les nôtres ? Et puis à quoi sert un pays où on jongle désormais avec les milliards de dollars s?il est incapable de subvenir aux besoins vitaux de ses propres enfants, préférant plutôt les laisser mourir ?
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Posté par : sofiane
Ecrit par : K. Ouahab
Source : www.elwatan.com