
Ces émeutes signifient surtout que les habitants de ce quartier ne croient plus aux promesses des autorités locales, particulièrement celles des élus dont certains ont beaucoup investi dans la détresse de ces gens pendant la campagne électorale des législatives du 4 mai dernier.De violentes émeutes ont éclaté, jeudi, à la cité Salah-Boulkeroua, à Skikda, et ont fait 5 blessés dans les rangs de la police. Les policiers ont été pris à partie par les habitants de la cité, alors qu'ils intervenaient pour rétablir l'ordre. Quelque vingt manifestants ont été interpellés durant les affrontements, puis libérés quelques heures plus tard, selon des sources locales qui ont indiqué que des voitures ont été saccagées alors que les commerces ont baissé rideau durant toute la journée, par crainte de pillages.À l'origine de ces émeutes, le retard enregistré dans la distribution des logements, à cause notamment des travaux d'aménagements extérieurs, toujours à la traîne. Aussi, des centaines d'habitants du bidonville de la cité Salah-Boulkeroua, appelée communément "El-match", se sont rassemblés, tôt dans la matinée, et ont décidé de bloquer, à l'aide de pneus brûlés et autres objets, toutes les issues menant vers cette cité située dans la zone basse de Skikda. Des jeunes, des adolescents et même des enfants ont participé à ce mouvement de colère en présence de familles, tout en brandissant des banderoles appelant à la distribution des logements et à l'intervention du wali de Skikda. Les habitants de ce bidonville datant des années 1960, ont tenu aussi à rappeler qu'ils vivent dans des habitations précaires qui menacent ruine, en plus de la multitude de problèmes qui rendent leur quotidien et leur cadre de vie insupportables. L'intervention des forces anti-émeute n'aura donc fait qu'exacerber une situation déjà compliquée. En moins de quelques minutes, le quartier s'est embrasé et des affrontements, qui dureront toute l'après-midi, entre manifestants et forces de l'ordre ont éclaté, poussant ces derniers à utiliser des bombes lacrymogènes pour disperser la foule. Cette décision est intervenue lorsque les manifestants se sont entêtés à marcher vers le siège de la wilaya en passant par le centre-ville. Le quartier a été complètement bouclé par les policiers. Ces émeutes signifient surtout que les habitants de ce quartier ne croient plus aux promesses des autorités locales, particulièrement celles des élus dont certains ont beaucoup investi dans la détresse de ces gens pendant la campagne électorale des législatives du 4 mai dernier. Mais la goutte qui a fait déborder le vase est certainement la désignation d'un nouveau wali, d'autant que son prédécesseur a entamé une série de distributions de logements et a promis d'éradiquer complètement le bidonville d'"El-match". 2 265 logements étaient prévus pour le relogement et les demandeurs étaient assurés d'avoir un logement vers la fin du mois en cours. Aussi, le changement à la tête de l'exécutif de la wilaya est synonyme pour eux d'un autre report et donc d'un prolongement de leur calvaire dans ce quartier de taudis. Leurs inquiétudes sont d'autant plus justifiées qu'il s'agit là du quatrième wali installé à Skikda en 6 mois. Cette instabilité se répercute indéniablement sur le développement local et fait dire à certains manifestants que Skikda est devenue "un centre de formation pour les walis". Hier, au moment où nous mettions sous presse, les affrontements entre la population et les services de sécurité, restés sur place depuis jeudi, ont repris de plus belle et des renforts ont été dépêchés sur les lieux pour tenter de maîtriser la situation.A. BOUKARINE
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Boukarine
Source : www.liberte-algerie.com