
Le manque à produire, suite à l'arrêt du complexe de Skikda, peut facilement être compensé par le complexe gazier d'Arzew.A peine avait-il redémarré, le 12 janvier, que le complexe gazier de Skikda a de nouveau cessé toute production dimanche dernier. Si les causes ayant conduit à son premier arrêt étaient essentiellement dues à des pannes relevées au niveau des échangeurs, la dernière décision de suspendre son activité dimanche dernier obéissait beaucoup plus à des facteurs exogènes. «La décision de cesser toute production a été prise suite à une chute de pression relevée sur le gazoduc GK1 qui alimente le complexe en gaz à partir de Hassi R'mel via le terminal de Skikda.Ce manque de pression ne nous permettait pas de faire fonctionner nos installations ni de procéder aux opérations de liquéfaction. C'est un arrêt forcé», explique un cadre du complexe, joint par El Watan. Pourtant, dès sa remise en service le 12 janvier dernier, après 20 jours d'arrêt, faut-il le souligner, le complexe a réussi à atteindre sa production désignée et à charger deux méthaniers à destination de l'Europe.Sa mise à l'arrêt dimanche dernier, fut-elle inéluctable, risque de nouveau d'attiser la tension sur ce produit, voire même de donner d'autres arguments au groupe énergétique français (Engie) qui estime que Sonatrach éprouverait «des difficultés techniques dans ses propres capacités d'envoi de gaz liquéfié».Une affirmation que des cadres du méga-train GNL de Skikda réfutent en estimant que le manque à produire, suite à l'arrêt du complexe de Skikda, peut facilement être compensé par le complexe gazier d'Arzew, dans l'Oranie. «Le complexe gazier de Skikda avait été à l'arrêt vingt jours durant, de la fin du mois de décembre 2016 jusqu'à la mi-janvier 2017, et on n'avait alors relevé aucune perturbation dans l'approvisionnement du marché local, ni celui de l'exportation. Maintenant, il est vrai que la seule difficulté du moment est liée à la baisse de pression dans le gazoduc, un souci que Sonatrach reste, néanmoins, en mesure de régler grâce aux stations de compression dont elle dispose», ajoutent les mêmes sources.Au sujet des causes éventuelles de ce manque de pression, certaines sources jugent qu'elles seraient essentiellement dues aux fortes demandes ayant engendré des pics de consommation de gaz de ville enregistrés lors des dernières vagues de froid ayant sévi dans le pays. D'autres vont encore plus loin et estiment que cette baisse de pression se situerait plutôt en amont et concernerait le gisement de Hassi R'mel lui-même.Quoi qu'il en soit, la polémique n'a pas cessé d'enfler depuis mardi 17 janvier, lorsque le directeur général de GRTgaz, filiale d'Engie (ex-Suez) accusait indirectement Sonatrach d'être à l'origine de la situation jugée «préoccupante» que connaît le sud-est de la France pour son approvisionnement en gaz. Jeudi dernier, Sonatrach a assuré n'avoir point «failli à ses engagements contractuels» en matière d'approvisionnement de la France en gaz naturel, précisant que la partie française a consommé la totalité de son quota provenant de l'Algérie.Lundi, c'était au tour de la patronne d'Engie, Isabelle Kocher, de revenir à la charge, précisant que les problèmes que rencontre Sonatrach sont intervenus «non pas dans la production de son gaz mais dans sa liquéfaction». Une version relayée hier par l'agence Reuters qui a évoqué des problèmes constatés au niveau du train GNL de Skikda. Des cadres de cette plateforme expliquaient à El Watan que même s'il est vrai que le train GNL de Skikda était à l'arrêt faute de pression suffisante, les installations de liquéfaction d'Arzew sont en mesure d'accroître leurs capacités afin de prévenir la moindre baisse des livraisons depuis Skikda.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : El Watan
Source : www.elwatan.com