Skikda - A la une

Pêche : dilapidation de fonds



Le président du comité national des marins pêcheurs prêche dans le désert. Il dénonce inlassablement le scandale économique, social et écologique de la pêche sans susciter le moindre écho officiel.
La pêche est victime de la politique de la terre brûlée, qui, depuis 2000, anéantit le potentiel en ressources naturelles du pays. Toutes les réserves fossiles, minérales (pétrole, gaz, métaux...) et jusqu'au sable des oueds et des plages sont, partout, et sans répit, traquées pour être bradées à l'effet de bourrer le compte de la rente. Les forêts sont incendiées, les zones humides défoncées, pour qu'y passent des routes, comme pour El-Kala, ou pour qu'y soient aménagés des champs de culture sauvage, comme à Skikda. Des fermes agricoles sont amputées de leurs bonnes terres au profit de promotions immobilières, de zones d'activité et de lotissements pour privilégiés. Et, les gazelles et les outardes sont offertes au divertissement exterminateur des princes 'amis"...
La côte algérienne ne pouvait donc pas échapper à cette culture de la prédation. Dans cette quête clanique de l'enrichissement immédiat, point de place pour la prospective. Peu importe si l'Algérie doit être transformée en désert écologique ; seules les retombées claniques de l'exploitation forcenée et empressée de son sol, de son sous-sol et de son littoral comptent. Autour de ses villes côtières, on y déverse les rejets urbains et les déchets industriels, et on y bétonne jusque dans l'eau. Et, cette gestion prédatrice du potentiel physique et naturel du pays a eu un effet pédagogique sur la population qui, désormais, souille allégrement son environnement.
Dès 2000, telle une proie, l'Algérie a été dépecée en secteurs attribuables aux différents protagonistes de l'alliance politique, qui, depuis, sert de béquilles au régime. La pêche a échu à une sous-mouvance islamiste. Or, il ne semble pas que la durabilité fît un jour partie de l'univers conceptuel d'une telle idéologie. D'autant plus que la gestion des ressources, telle qu'envisagée par le régime en général, procède, comme décrit plus haut, de la pure anti-écologie.
La pêche devenait, alors, prétexte à un affairisme partisan. On vit, soudain, éclore des vocations maritimes en kamis. Même des responsables politiques s'improvisèrent armateurs, mais avant de réclamer du président qu'il efface les crédits à la pêche, comme il le fit pour les dettes d'agriculteurs ! Par des subterfuges comptables, en connivence avec des constructeurs locaux, turcs ou autres, des armateurs en herbe purent ainsi s'enrichir, avant même de mettre le bateau à l'eau.
Depuis, tout est permis : on peut les voir tous les jours, du bord de mer, ces chalutiers s'adonner à la pêche pélagique, à quelques brasses de la rive ; ces mêmes chalutiers qui raclent les bas-fonds, normalement réservés aux 'petits métiers" et, accessoirement, aux sardiniers (dont les filets ne touchent pas le fond). Les alevins sont alors librement offerts au marché, sous le regard de multiples autorités, et sous celui d'un Etat, censé acquis à la durabilité économique et à la préservation des réserves halieutiques. Le pillage du fond marin a fait, qu'en l'espace de quelques années, des espèces, jusqu'ici abondantes, sont en train de disparaître. En dépit des suppliques des vrais pêcheurs, que personne n'écoute.
M. H.
musthammouche@yahoo.fr
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