Skikda - Revue de Presse

Paris réagit au discours



Le gouvernement français était prompt à répondre au discours du président de la République, prononcé jeudi dernier à Sétif. Un discours dans lequel il a réitéré la position officielle algérienne demandant à la France de reconnaître « ses bavures perpétrées pendant la période coloniale ». Une période glorifiée par la fameuse loi du 23 février 2005 adoptée par une institution officielle française, en l?occurrence le Parlement. « Le travail de mémoire sur la colonisation française de l?Algérie (1830-1962) relève de la compétence des historiens », a affirmé, hier, le ministère français des Affaires étrangères dans une déclaration rapportée par l?AFP. « Nous considérons que le travail relatif aux questions de mémoire relève de la compétence des historiens et des chercheurs qui doivent travailler ensemble sur ces questions en toute indépendance », a soutenu le porte-parole du Quai d?Orsay, Jean-Baptiste Mattéi. Refusant de commenter les propos du Président Bouteflika, M. Mattéi, a, par ailleurs, indiqué que « ces questions seront sans doute abordées d?une façon ou d?une autre ». Le ministère des Affaires étrangères français vient, par cette déclaration, consolider la position d?un proche de Dominique de Villepin, Premier ministre français. Sous le couvert de l?anonymat, ce responsable a déclaré, lundi dernier, à l?hebdomadaire l?Express, que « ce n?est pas au Parlement de légiférer sur la mémoire ; c?est au peuple et aux historiens de l?entretenir ». Le chef de l?Etat, Abdelaziz Bouteflika, a, dans un meeting populaire animé dans la capitale des hauts plateaux à la faveur de la campagne pour la charte pour la paix et la réconciliation nationale, été très clair au sujet de la colonisation française. « Le colonialisme français n?a laissé que des malheurs », a estimé le président de la République. En rappelant l?initiative de son homologue français, Jacques Chirac, qui est allé en personne demander « pardon au peuple de Madagascar », le Président Bouteflika dira que « les Algériens méritaient plus une repentance de la France que les Malgaches ». « Qu?ont-ils souffert comparés au peuple algérien, qu?ont-ils souffert par rapport aux fils de Sétif », a lancé M. Bouteflika. Evoquant le lourd tribut payé par les Algériens lors des événements du 8 Mai 1945, le premier magistrat du pays dira que « la France n?a pas d?autre choix que de reconnaître ses torts ». « Nous rappelons à nos amis en France, à ceux dont la conscience est encore vive, qu?ils n?ont pas d?autre choix que de reconnaître qu?ils ont commis des fautes à l?encontre du peuple algérien depuis 1830 », a-t-il souligné. Et d?ajouter : « Ils n?ont pas d?autre choix que de reconnaître qu?ils ont torturé, tué, exterminé de 1830 à 1962 (...), qu?ils ont voulu anéantir l?identité algérienne, faisant que nous n?étions ni Berbères, ni Arabes, ni musulmans, nous n?avions ni culture, ni langue, ni histoire. » Dans un autre discours prononcé la semaine dernière à Skikda à l?occasion de la commémoration du 20 Août 1955, le Président Bouteflika est revenu également sur cette loi du 23 février. « S?il est du droit de chaque nation de lire son histoire et de la communiquer à ses enfants, en allant dans le sens de sa vision, de ses intérêts et de ses objectifs, il est interdit à une nation d?interpréter l?histoire des autres nations. Il n?est pas de son droit de dénaturer la vérité et conclure des marchés suspects pour blanchir l?histoire des criminels et en faire des héros mythiques », a-t-il précisé. Depuis son adoption, rappelons-le, la loi controversée du 23 février a suscité une vive polémique entre l?Algérie et la France. Sachant que les deux pays s?apprêtent à parapher, avant la fin de l?année 2005, le traité d?amitié.
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