
L''uvre « Matabaka min barid echouhada », (La poste restante des martyrs) du théâtre régional de Skikda a été présentée à Alger, dans le cadre du 8e festival national du théâtre professionnel. Ecrite et mise en scène par Omar Maâouf, la dernière production du théâtre régional de Skikda revient sur la lutte du peuple algérien pour son indépendance à travers l'histoire d'un facteur, Ammi Kaddour, qui a conservé durant cinquante ans les dernières lettres de martyrs de la guerre d'indépendance adressées à leurs familles et qui, pour une raison inconnue, ne sont jamais arrivées à destination. Le trésor d'Ammi Kaddour est conservé dans un réduit au fond d'une cour, formant le décor principal de la pièce et le lieu de répétition d'une troupe de jeunes danseurs. A partir de la rencontre des deux générations, celle du facteur et celle des danseurs, la pièce évolue sur plusieurs tableaux qui sont autant de lettres qu'Ammi Kaddour lit à ses auditeurs. Ainsi, le spectateur passe de la scène centrale de la lecture à une succession de scénettes relatant les exploits des auteurs des lettres, le tout sur un ton tragi-comique où les mêmes acteurs interprètent successivement plusieurs rôles. Ils s'appellent Kaci, un serveur qui va commettre un attentat à une réception donnée par le maire de la ville, ou encore Marcel, jeune appelé du contingent français qui prend le parti de la révolution algérienne en faisant dérailler un train qui transportait des soldats. Ce style théâtral, qui invite le public à plonger pleinement dans une atmosphère de convivialité, nous fait découvrir de nombreuses thématiques, de l'art, l'histoire, le désir grandissant de transmettre le patrimoine... Mais la grande originalité de cette 'uvre est qu'elle explore l'espace. Entre le passé et le présent, la relation humaine se précise à mesure que l'être évolue. C'est une pièce toute en tension qu'Omar Maâouf nous donne à voir, politique et drôle, parodique et critique où le présent ne cesse de buter sur la mémoire, une pièce en marche. Les productions d'Omar Maâouf reflètent l'éclectisme de sa création artistique. Cela se ressent dans son travail. La personnalité, la sensibilité, le don de plaire, mais avant tout la sincérité dans le jeu.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S S
Source : www.horizons-dz.com