L'importance du niveau de l'épargne publique et l'encours des réserves
officielles de change permettent à l'Etat de mesurer la soutenabilité de la
conduite du programme 2010-2014.»
C'est ce qui a été affirmé, hier,
par le directeur général de la prévision et des politiques au niveau du
ministère des Finances. Abdelmalek Zoubeidi expliquait, hier, aux opérateurs
économiques le cadrage macroéconomique et financier de la loi de finances pour
2011. L'importance du niveau de l'épargne publique est mesurée à travers le
niveau de la contenance du fonds de régulation des recettes qui a été créé en
2000 «parce que les équilibres macroéconomiques ont été rétablis». «En 2000,
les disponibilités du FRR étaient de 232 milliards de dinars, elles sont
positionnées aujourd'hui à 4842 milliards DA», estime le conférencier. Il
précise que «pour mieux fixer les idées, ce niveau d'encours compte
l'équipement de trois années de déficits du Trésor». Il en conclut que «la
sécurisation de la dépense publique est assurée sur le moyen terme». Autre
précision, «le FRR ne couvre pas le déficit à 100% mais d'autres lignes de
financement interviennent dans cette couverture». Pour lui, «la création du FRR
est une réponse à l'histoire, il permet d'éviter les effets des chocs
financiers extérieurs». Preuve en a été «la crise financière mondiale de 2009,
le choc a été absorbé, on n'a pas arrêté nos chantiers».
Les réserves officielles de
change mesurent, par ailleurs, explique Zoubeidi, les capacités d'importation
du pays. «Leur niveau qui se positionne au-delà de 150 milliards de dollars
représente trois années d'importation de biens et de services», dit-il. Ces
deux indicateurs permettent ainsi, selon lui, «de conduire le programme
d'investissement public 2010-2014 dans de bonnes conditions, tout en
poursuivant la politique d'internalisation du gouvernement de l'économie».
Zoubeidi exclut ainsi le recours de l'Algérie à l'endettement extérieur et
estime la dette publique inférieure à 500 millions de dollars. Le responsable
du ministère des Finances rappelle que le prix du baril ayant servi à
déterminer les produits de la fiscalité pétrolière budgétaire est de 37
dollars. La fiscalité pétrolière, note-t-il, a été pour 2010 inférieure à celle
ordinaire à raison de 1400 milliards pour la première contre 1500 milliards
pour la seconde. Le taux de change retenu est de 74 DA pour un dollar. Le taux
d'inflation se situerait à 3,5% et la croissance économique globale aux
alentours de 4% et de 6% hors hydrocarbures. La croissance industrielle est
estimée à 5% «alors qu'elle était inférieure à 3% en 2008». Les importations de
marchandises ont atteint entre 37 et 38 milliards de dollars en 2011 «alors
qu'elles étaient à 40,2 milliards à fin 2010». Zoubeidi explique «ce qui a
bougé, c'est la facture du lait d'un milliard de dollars, une légère hausse des
inputs et recul des biens de consommation industriels ».
Rappelant les intempéries en Australie et au Brésil, Zoubeidi estime qu'
«il faut compter avec leurs conséquences sur les marchés mondiaux». Mais,
a-t-il lâché, «peu importe, on verra après, s'il y a des rectifications à
faire, on les fera, on n'est pas à un ou deux milliards près, ce n'est pas ça qui
va bouleverser les équilibres ». Il conclura par cette précision « ce n'est pas
au budget de l'Etat de tirer la croissance mais à l'entreprise».
Aissani Kamel a parlé, lui, de transferts sociaux puisqu'il en est le
responsable. Ces transferts sont pour cette année de l'ordre de 1 202,5
milliards DA, soit plus de 10% du produit intérieur brut et de plus de 18% des
dépenses globales du budget de l'Etat. «Ils couvrent le soutien à l'habitat
(282,7 milliards DA), aux familles (302,2 milliards), aux retraités (136,7
milliards), à la santé (220,6 milliards), aux moudjahidine, et aux démunis et
autres catégories vulnérables (134,9 milliards)», dit-il. L'assistance ne
connaîtra pas le montant alloué aux moudjahidine parce que l'orateur ne le
donnera pas.
Les dispositions fiscales de la
LF 2011 seront rappelées par le directeur de la législation et de la
réglementation fiscale. Mustapha Zikara rappellera ainsi les mesures de
simplification et de modernisation des procédures, l'enregistrement et timbre,
les mesures d'allégement et d'exonération fiscale, celles relatives au
contentieux fiscal et au renforcement des garanties des contribuables et autres
à caractère fiscal. Comme il l'a fait il y a quelques jours lors de la
rencontre du FLN, le responsable fera savoir qu'un code général des impôts est
en préparation «pour harmoniser les dispositions existantes». En attendant de
rassembler l'enregistrement et le timbre d'une part et de l'autre l'impôt
direct et indirect, il est question dans une «phase préalable» de transférer
les articles 20 à 36 et 38 à 42 de l'enregistrement et du code du timbre vers
le code de procédures fiscales.
Le directeur de la trésorerie de
l'Etat pour sa part expliquera le fonctionnement du fonds spécial du
développement économique des Hauts Plateaux inscrit dans la LF 2011. Abdelhamid
Retoul explique que «ce compte retrace les dotations du budget de l'Etat à
concurrence de 3% des recettes de la fiscalité pétrolière, toutes autres
ressources, contributions ou subventions éventuelles, et d'autres dotations
allouées annuellement dans le cadre du programme complémentaire pour les Hauts
Plateaux». Ce fonds spécial finance des programmes et projets d'infrastructures
pour le développement des Hauts Plateaux. Il soutient en outre les
investissements productifs et, entre autres, finance la réduction de la taxe du
gaz au profit de familles démunies. Retoul rappellera en même temps l'existence
d'un fonds spécial de développement des régions du Sud et la décision prise
dans la LF 2010 de lui faire prendre en charge, entrer autres, le financement
de la réduction de la facture de l'électricité au profit des ménages et des
agriculteurs du Sud.
G. O.
Une violente manifestation s'est produite hier, au village de Toumiettes,
dans la commune d'El Harrouch, dans la wilaya de Skikda. Vers 07h30, des
dizaines de citoyens en colère ont barré la RN3 reliant Skikda à Constantine,
interdisant toute circulation automobile. Ils entendaient protester contre ce
qu'ils ont qualifié de mépris accusant les responsables de la daïra et de l'APC
d'El Harrouch, dont ils dépendent, de «s'être moqués d'eux». En effet, ils
soutiennent que durant plus d'un mois, ils étaient privés d'eau potable, on leur
a cependant fourni durant 3 jours une eau «de qualité douteuse» qu'ils ont
utilisée seulement pour les besoins domestiques. Après maintes requête, l'APC a
consenti à les approvisionner par citerne, mais là aussi, ils ont affirmé que
l'eau fournie était colorée et chargée de boue ce qui la rendait impropre à la
consommation. C'est d'ailleurs la goutte qui a fait déborder le vase car ne
voyant rien venir des promesses qu'on leur a tenues, les citoyens sont passés à
l'acte et ont paralysé la circulation. Ils ont refusé tout dialogue avec le
maire et le chef de la daïra d'El Harrouch et exigeant la présence du wali pour
lui exposer leur situation. Face à ce blocage, les éléments du groupement
d'intervention de gendarmerie sont intervenus pour inciter les manifestants à
se retirer de la voie, ce qui s'est traduit par un violent affrontement. Les
gendarmes accueillis par des jets de pierres ont riposté en faisant usage de
grenades lacrymogènes, réussissant à repousser les manifestants qui n'ont pas
baissé les bras. Dans la mêlée, un journaliste d'un quotidien arabophone sera
arrêté. Ce n'est que dans l'après-midi, que la RN3 a pu être dégagée au grand
soulagement des usagers qui ont dû prendre leur mal en patience. Au total 13
membres des forces de l'ordre et 3 manifestants ont été blessés.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Boudrouma
Source : www.lequotidien-oran.com