Presque malgré eux, les retraités n'arrêtent pas de faire l'actualité. Lecalendrier de paiement des pensions de retraite et les carences en matièred'information, selon les propos des retraités eux-mêmes, n'est que la partievisible du calvaire des retraités. Les appréhensions de ces derniers se situe àun autre niveau.En admettant que tout se passe pour le mieux grâce à ce nouveaucalendrier, les retraités restent quand même face à la hantise du scénariocatastrophe de suspension de paiement.Ce qui est à craindre nous disent beaucoup d'entre eux se reférant auxpropos de responsables de la Caisse nationale de retraite (CNR). Ces derniersavaient, en effet, tiré la sonnette d'alarme, mettant en question la pérennitédu système national de retraite et appelant les plus hautes autorités du pays àprendre des mesures urgentes pour assurer le paiement régulier des pensions deretraite à long terme. Le déséquilibre, selon la DG de la CNR, entre lesrecettes et les dépenses devient de plus en plus prononcé. Alors que lesrecettes ont connu une légère progression, les dépenses de la caisse ontcarrément explosé ces dernières années, soutient-on encore. Les pertes derecettes de la caisse se chiffrent, chaque année, en milliards de dinars ce quia poussé la Caisse de retraites à puiser dans ses réserves pour le paiement despensions de retraite. Aujourd'hui, elle ne peut que racler les fonds detiroirs. Surtout après avoir fait les frais de la faillite de Khalifa Banqueavec des milliards perdus à jamais. Ces difficultés financières de la CNR n'ontpas été sans avoir une incidence sur l'application de la revalorisation despensions des retraités, décidée conformément aux dispositions de la circulairedu ministère du Travail du 26 avril 2006.Résultat: la contestation des retraités commence à faire tache d'huile àSkikda, Annaba, Tizi Ouzou.... Mais la fédération nationale des retraités estloin de prendre pour argent comptant les déclarations émanant de la directiongénérale de la CNR. Selon certains membres de cette fédération, les argumentsde la Caisse nationale de retraite ne sont pas en harmonie avec ce qui a étéavancé par le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, du moins selon leprincipe de solidarité entre caisses. Particulièrement quand le ministreaffirmait, en début d'année, qu'il y avait un excédent de 20 milliards de DA àla CNAS avec en prime près de 100 milliards à la caisse de chômage. Bien mieux,assure-t-on, si l'on se fie à certains chiffres, la situation de la Caissenationale de retraite n'est pas aussi catastrophique que veut le montrer sadirection générale. Ils en voudraient pour preuve, le budget de la CNR pour2007 qui a été validé par le ministère du Travail, de l'Emploi et de laSécurité sociale avec un excédent de 7 milliards de DA. Et sauf à remettre encause les chiffres officiels, argumentent nos interlocuteurs, à ce qu'on sacheun million de nouveaux cotisants est venu renforcer les rangs devant supporterle traitement des retraités.La direction générale de la CNR a une toute autre vision: la croissancemodérée des recettes est due d'abord à la situation générale de l'emploi,précisant que l'évolution du ratio population des retraités rapporté à lapopulation des salariés est «assez préoccupante». Le rapport démographiquepasse de 2,4 actifs cotisants pour un bénéficiaire d'une pension ou d'uneallocation de retraite en 1998 à 2,80 en 2005, selon les statistiquesofficielles. Alors que la pérennité du système exige, selon les spécialistes,un rapport démographique de 5 actifs cotisants pour un retraité.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Mohamed Salah Boureni
Source : www.lequotidien-oran.com