
Aya n'est pas morte sur un chemin communal ou de wilaya, mais sur une chaussée large de moins de 6 m qui sert d'aire de stationnement et de circulation à des dizaines de bus, dans une anarchie digne des grands souks.Hamdouche Aya devait fêter son dixième anniversaire la semaine prochaine. Elle devait aussi, elle en rêvait certainement, se présenter à l'examen de la 5ème année cette année. Son rêve a été brutalement brisé mardi dernier sous les roues d'un bus de transport public qui l'ont écrasée alors qu'elle s'apprêtait, en compagnie de son père, à rejoindre son école. La disparition tragique de Aya ne s'est pas produite sur un chemin communal ou de wilaya. Non, elle a eu lieu dans une station de bus implantée en plein centre-ville, au milieu d'habitations, où se trouvent une mosquée et des établissements scolaires. Comme quoi à Skikda, ce grand douar des temps modernes, tout reste possible, même l'impensable. Juste après ce drame, les habitants des immeubles HBM, du quartier Rivoli et même ceux d'El Irchad ont vite réagi en prenant à partie tous les transporteurs de la station urbaine de transport public sise à la rue l'Arsenal (Majid Lazrague) pour les chasser.
Les citoyens, en colère, ont même barricadé tous les accès menant à la station en signe de solidarité avec leur voisin, le père de Aya qui a vu sa petite fille se faire écraser. Hier et pour la seconde journée consécutive, la station est restée complètement déserte. «Ces transporteurs ne reviendront jamais plus dans ces lieux et nous sommes là pour les chasser», déclare un jeune rencontré hier sur les lieux. Et même si les habitants ont accepté hier de lever les barricades, ils n'ont pas décoléré pour autant en veillant à empêcher les transporteurs de revenir à la station.
«Nos enfants sont en danger ; on a alerté et écrit à maintes reprises aux autorités locales leur demandant de délocaliser cette station vu les graves risques qu'elle engendre mais rien n'a été fait ; ces lieux, très empruntés par les écoliers, sont caractérisés depuis des années par une anarchie totale. La direction des transports doit réagir à moins qu'on cherche à ce qu'il y est d'autres victimes innocentes», ajoute un habitant des HBM. La station en question n'obéit, il est vrai, à aucune norme relative à ce genre d'installation.
Ce n'est qu'une chaussée large de moins de 6m qui sert d'aire de stationnement et de circulation à des dizaines de bus dans une anarchie digne des grands souks. Dans ces lieux, le code de la route voire même celui du civisme, n'ont pas lieu d'être cités. Les transporteurs font ce qu'ils veulent allant jusqu'à empiéter sur d'autres ruelles en toute impunité. La cacophonie ambiante qui caractérise ces lieux se répercute sur les habitants mitoyens et surtout sur les élèves du lycée Ben Yahia dont les salles de cours donnent sur la station. Puisse le drame de la petite Aya faire ressortir la direction des transports de son hibernation pour trouver une solution et éviter d'autres drames. La mort d'un ange est toujours insoutenable. Ne sacrifions pas d'autres Aya, ce serait de la non-assistance à personne en danger. Qu'on se le répète !
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Khider Ouahab
Source : www.elwatan.com