La cité Béni Malek n'est plus ce qu'elle était, ou presque. N'étaient le civisme et la persévérance de ses habitants, ce quartier se serait transformé en un hideux lotissement.
Samedi dernier, les habitants qui ont décidé de se fédérer pour interdire aux poids lourds de passer par leur localité, ont tenu à faire assister El Watan à leur action. «Nous allons tout entreprendre pour garantir la sécurité de nos enfants et de nos biens», déclare d'emblée un habitant. «Regardez, c'est une plaque de signalisation qui interdit clairement aux poids lourds de passer par notre quartier, mais cette plaque ne sert à rien. Les camionneurs en font fi et continuent au su et au vu des responsables d'arpenter ces lieux en toute quiétude», enchaîne un autre habitant en insistant pour nous accompagner faire un petit tour du propriétaire dans ce quartier mythique de Skikda.
«Les effets des passages incessants des camions sont visibles. Des fissurations assez inquiétantes n'ont pas tardé à lézarder plusieurs demeures donnant sur la route, sans parler de l'état de la chaussée d'où émanent les poussières, véritable poison qui guette la santé de nos enfants», ajoute notre accompagnateur. Tout dans ce quartier, d'apparence très calme et d'où émanent les fragrances nostalgiques de Skikda des années 1960-80, n'est plus que l'ombre de lui-même. Des arbres, de taille vraiment impressionnante qu'on a oublié d'élaguer risquent de s'écrouler sur plusieurs habitations.
A l'entrée de la cité déjà, le ton est vite donné puisque une fuite dans les canalisations continue depuis des semaines de déverser des eaux usées sur une route empruntée par les écoliers. La majorité des rues de Béni Malek est éventrée, et dans certains endroits, même la marche à pied devient un calvaire. «On a sensibilisé les responsables, mais les choses ne s'arrangent pas», reconnaît notre accompagnateur. Et comme un malheur ne vient jamais seul, le bois qui longe la cité et qui jadis ajoutait au charme des lieux, a fini par se convertir en un haut lieu de délinquance.
«On commence à avoir peur, la nuit tombée. Ces lieux sont devenus de véritables abris pour des jeunes délinquants qui s'adonnent à la consommation de la drogue et de l'alcool, et comme l'éclairage public est devenue une denrée rare à Skikda, il est dangereux de s'aventurer ici le soir», conclut notre interlocuteur. Ainsi va Skikda ! Car si la dégradation est parvenue à toucher ce quartier fleuron de la ville, qu'adviendra-t-il alors des cités populaires'
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Khider Ouahab
Source : www.elwatan.com