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Les barons font la loi



Les barons font la loi
La seule solution pour mettre fin à cette crise, demeure l'ouverture de nouvelles unités de production.En dépit des fonds débloqués par l'Etat pour la réhabilitation des unités de production implantées, notamment à l'est du pays, à l'image de Tébessa, Skikda et Constantine, ce produit de base dans la réalisation de nombreux projets tant privés que publics, reste soumis au monopole de la spéculation mafieuse.Ces unités de production de ciment ne sont plus en mesure de couvrir les besoins croissants dans le domaine de la construction, une situation qui a permis à la mafia du ciment de pousser vers la hausse le prix du sac du ciment jusqu'à atteindre les 1050 dinars. Ainsi, les barons de ce secteur agissent en fonction d'un emploi du temps relatif au lancement de projets de développement qui, généralement, se situent entre le mois de mars et cela jusqu'à la fin de l'année de chaque exercice. Comme c'est le cas pour la wilaya de Annaba où plus de 20.000 unités de logements, toutes formules confondues, sont en cours de réalisation, y compris le secteur promotionnel privé, une aubaine pour la mafia du ciment pour sévir en toute sécurité. Le ciment n'est pas le seul produit soumis au diktat des barons. Le sable enregistre aussi un manque aigu touchant essentiellement les projets structurants en cours de réalisation à l'Est du pays.A l'origine de cette situation, la fermeture de plusieurs sablières à l'image de celles de Gherbès et Oued Ezouhour dans la wilaya de Skikda. Ces sites de production de sable ont été épuisés par les bandes de pilleurs, comme c'est le cas aussi de la sablière de Righia, commune de Berrihane, dans la wilaya d'El Tarf où un pilleur notoire s'adonne au pillage de ce matériau, au su et au vu de tous, surtout des services de sécurité de la région. Voilà là un exemple vivant des sablières fermées par l'Etat, mais laissées au diktat de la mafia du sable qui manipule la hausse des prix tout autant que le ciment. Cette politique du deux poids, deux mesures est, d'une part, à l'origine du retard de plusieurs chantiers vitaux pour le développement des wilayas de l'est du pays, et d'autre part, l'arrêt d'un grand nombre de projets publics et privés. Conséquence inévitable, la mise au chômage de centaines de travailleurs. Dans ce sillage, on citera la situation de la nouvelle ville de Draâ Eriche, dans la daïra de Berrahal où la principale cause du retard dans le lancement de ce projet titanesque est le manque criant de produits de base: le ciment, le sable et le gravier en l'occurrence. L'insuffisance des matières premières qui s'étend jusqu'à toucher le béton armé et le rond à béton, a eu pour retombées directes la perturbation dans l'alimentation en ces produits au profit des chantiers de cette nouvelle ville dont la réalisation est bien compromise du fait d'une spéculation que l'Etat semble bien dépassé pour la contenir.Un phénomène de nature mafieuse, selon certains acteurs du secteur de la construction, serait l'oeuvre d'une mafia bien organisée avec la connivence bien caractérisée d'éléments internes des unités de production du ciment. Sinon, comment expliquer que le sac qui se vend à certaines entreprises de promotion, depuis sa source à raison de 320 DA, grimpe à plus de 1050 DA sur le marché. Une opération qui s'effectue entre ces opérateurs promotionnels et la mafia en imposant leur monopole sur ce produit. Une situation qui échappe au contrôle des services respectifs, direction du contrôle et services de sécurité. Deux organes qui ne parviennent pas à contrecarrer le phénomène du marché noir, notamment à l'est du pays. La persistance de la hausse du prix du ciment informe sur la mainmise de la mafia qui manipule le marché noir à son propre compte. Plusieurs acteurs privés et publics en charge de plusieurs chantiers estiment que la persistance de la spéculation et la crise du ciment risquent d'avoir des retombées graves sur plusieurs projets structurants ajoutant que l'intervention de l'Etat reste impérative.Aussi, la seule solution pour mettre fin à cette crise, demeure l'ouverture de nouvelles unités de production de ciment au vu de la forte demande sur ce produit. Même les quantités importées depuis la Tunisie et l'Australie, demeurent insuffisantes. Ainsi, les unités implantées à l'est du pays, Hadjer Essoud, El Hamma entre autres, ne parviennent pas à répondre aux besoins croissants. Il convient de noter que l'Algérie se situe parmi les 20 grands pays producteurs de ciment dans le monde selon un rapport américain établi par l'I.E.G, Institut d'études géologiques. Mais ce rapport ne reflète pas cette position par rapport au volume de production et d'importation car ce produit de base étant sous l'emprise du monopole des lobbys des réseaux mafieux. Notons que ledit rapport est basé sur des critères et des pronostics non concordants avec la réalité du marché algérien tant sur la production que sur l'importation. Toutefois, il convient de signaler que l'Algérie est en mesure de construire les plus grandes unités de production de ciment dans le continent africain sans apporter la moindre atteinte à l'environnement. L'on se demande pourquoi l'Algérie ne s'est pas engagée dans la politique de construction de nouvelles unités de production de ciment, en dépit des capacités financières dont elle dispose. Selon certains opérateurs versés dans le secteur de la construction, cette équation bien facile à réaliser pour l'Algérien est difficile, voire inconcevable pour les lobbys mafieux qui font main basse sur ce secteur. Cela permettrait à l'Algérie de passer à l'autosuffisance, voire même à l'exportation mais, compromettrait les intérêts des lobbys en question. Une situation qui place tout de même l'Algérie dans le rang des premiers pays producteurs de ciment dans le monde. Il est précisé dans ledit rapport de l'IEG, que l'Algérie est le 20e plus grand pays producteur dans le monde, avec une production record de 21 millions de tonnes en 2013. Une production qui n'est pas parvenue à couvrir les besoins du marché national d'où le déficit de cette matière première pour la même année a été de l'ordre de 5 millions de tonnes.Un manque à l'origine d'une hausse des importations à hauteur de 360 millions de dollars, soit une augmentation de 26%, comparativement à l'année 2012.


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