Skikda - A la une

LE SOIR DE L'EST



FERMETURE DE BARS ET PROLIFERATION DE POINTS DE VENTE D'ALCOOL CLANDESTINS À SETIF
Quand l'interdit ouvre la voie à l'anarchie
De notre envoyé spécial à Sétif, Mehdi Mehenni
La fermeture successive des bars et des débits de boissons alcoolisées légaux dans la wilaya de Sétif a favorisé la prolifération des points de vente clandestins partout dans les espaces publics, les forêts et même à l'intérieur des cités au vu et au su de tous. Une situation qui prive les familles de jouir d'un droit pourtant élémentaire, à savoir celui de se promener ou prendre de l'air dans ces espaces squattés et monopolisés par la délinquance et la débauche en tout genre. Des espaces verts se transforment en cache-misères et la vie dans la ville perd considérablement de son charme.
Sétif, samedi 13 octobre 2012. Il est 18h. Les éléments de la deuxième section de Sécurité et d'intervention de la Gendarmerie nationale (SSI) s'infiltrent dans la forêt de Kaâboub, en plein centre-ville. Ayant reçu des renseignements sur l'existence de points de vente clandestins d'alcools ainsi que la présence de vendeurs de drogue dans cet espace vert transformé en lieu de débauche en tout genre, les SSI lancent l'assaut. Les délinquants ont le coup d'œil vif. Aussitôt qu'ils ont aperçu les tuniques vertes à quelques dizaines de mètres, ils prennent la poudre d'escampette. Seuls quelques vieillards et une jeune dame gardent leur place. Il faut dire qu'ils n'ont plus de jus dans les jambes ! Les SSI ne sont pas du genre à abandonner la partie. Chez eux, la performance physique prime sur tout autre caractéristique. Il ne leur a pas fallu beaucoup de temps pour rattraper les fuyards. Ils les ramènent un par un ou par petits groupes. D'un coup, des cris proviennent du fond des bois ! Quelques gendarmes accourent vers l'endroit. Un jeune délinquant la trentaine, tente de résister à un SSI pour prendre la fuite. Une prise spectaculaire et le jeune homme en question se trouve immobilisé sur le sol ! Complètement saoul et visiblement sous l'effet de la drogue, ce délinquant profère des insultes à l'encontre des SSI. Mais ce n'est pas pour autant, une raison pour perdre son sang-froid. Les SSI ont les nerfs solides autant qu'il est difficile de gérer une vingtaine d'individus totalement inconscients et provocateurs. Un vieil homme qui garde paisiblement sa place s'accrochant toujours à sa bouteille de vin, pendant que les gendarmes neutralisent les autres, semble ne vouloir rien comprendre. Il n'a ni papiers d'identité ni aucune pièce administrative sur lui. Il ne veut même pas révéler son identité. Il ne connaît pas sa date de naissance et il se souvient à peine de son nom. S'il y a une chose sur laquelle il ne veut pas céder, c'est sa bouteille de vin : «Chef je suis un pauvre monsieur. Rendez-moi ma bouteille de vin, elle m'appartient…». Pendant ce temps, trois autres vieux chuchotent entre eux : «S'il y avait assez de bars et de débits de boissons alcoolisées ouverts le soir nous ne serions pas dans cet endroit…». En effet, cette splendide forêt, un véritable poumon de la région, complètement abandonnée par les autorités locales, aurait mieux servi comme espace de détente pour les familles, comme aire de jeu pour les enfants ou encore un endroit idéal pour la pratique du sport. Mais à défaut d'un aménagement, d'un entretien ou d'une sécurisation, cet espace vert se transforme au fil des jours en un cache misère ! il est 19h. Les gendarmes passent au peigne fin l'endroit, cherchant une cachette d'alcool ou de drogue. Le commandant Bendida Brahim chef de la deuxième section des SSI de la gendarmerie de Sétif, lance les noms des individus suspects par radio pour vérifier leurs identités et antécédents sur le fichier se trouvant au niveau de la compagnie territoriale. Les SSI opèrent avec les moyens du bord en l'absence d'un fichier qu'ils peuvent aborder sur place. Ils sont obligés de lancer l'appel et attendre la réponse par radio. Ça prend du temps et la tension augmente. Les SSI finiront par embarquer quatre jeunes et libérer les autres.
Triste réalité !
Le commandant Bendida reçoit un appel sur sa radio. Quelque chose se passe au niveau de la cité Kaâboub, située à un kilomètre de la forêt. Les éléments de la brigade de gendarmerie de Sétif viennent de découvrir un point de vente clandestin d'alcool. Deux véhicules stationnés derrière un bus en panne depuis des mois, sont bourrés de fardeaux de bière et de cartons de vins. Les vendeurs prennent la fuite et les gendarmes arrivent à en capturer un, sur lequel d'ailleurs, ils trouvent un gros joint de kif. Il s'agit d'un repris de justice qui a été déjà embarqué pour commercialisation de drogue. Il est connu des services de la gendarmerie. La scène se déroule en contrebas d'un immeuble, au cœur d'une cité populaire. La wilaya de Sétif compte un seul débit de boissons alcoolisées légal. Il se situe au niveau de la zone industrielle au fin fond d'un coin perdu et auquel pour y accéder il faut avoir de gros bras et la tête d'un assassin. Il ferme à 18h et les revendeurs clandestins en profitent pour faire le plein et proposer ensuite aux retardataires, de la bière et du vin à prix double, au niveau de la ville, dans les quartiers, les forêts et les coins isolés. Dans ces endroits qui grouillent de monde le soir, à la recherche de quelques gouttelettes d'alcool, certains en profitent pour proposer de la drogue. Souvent des agressions et des bagarres éclatent et perturbent la paisibilité de la ville. «Au lieu de réglementer et contrôler cette activité, les autorités locales semblent obstinées à fermer et empêcher l'ouverture de points de vente légaux pour laisser en parallèle, libre champ à la prolifération de la clandestinité et ses effets négatifs», dira un citoyen de la cité Kaâboub tout en ajoutant que : «Résultat des courses, la gendarmerie qui a d'autres affaires beaucoup plus importantes à traiter se retrouve, faute d'une bonne gestion administrative locale, dans la contrainte de courir dans les forêts derrière de jeunes gens désespérés et des vieillards qui n'ont plus grand-chose à espérer !».
M. M.
SKIKDA
Des ascenseurs non-fonctionnels depuis un quart de siècle
Les tours d'immeubles dans la ville de Skikda souffrent d'un problème qui semble s'inscrire dans la pérennité. Il s'agit du non-fonctionnement des ascenseurs.
La cité des Frères-Saâdi, dans les Allées du 20-Août 55, en est l'illustration la plus probante. Elle comptabilise un quart de siècle d'existence. En effet, c'est depuis 1987 que les habitants n'ont pas goûté aux délices de la «claustrophobie ». A raison de deux ascenseurs par tour, prêts à l'utilisation et bien équipés, la dotation est plus qu'utile, et elle aurait pu servir au transport des 56 locataires de chaque tour, soit 4 voisins par palier. Au total, ce sont donc 16 ascenseurs qui ne quittent le rez-de-chaussée que lors des visites officielles ou d'inspection des agents de l'OPGI. Ironique, un habitant nous déclare : «Chaque cabine est demeurée intacte du fait de sa non-utilisation. Même le miroir ne comporte aucune égratignure.» Quand on sait que dans chaque tour d'immeuble, il y a des handicapés moteurs et des vieillards, on devine le malaise qui règne dans les ménages et surtout la fatigabilité qui en découle du fait de monter quotidiennement les escaliers. Parmi d'autres conséquences, on relève l'éprouvante tâche des habitants des étages supérieurs lors de l'acheminement des équipements lourds (poste téléviseur, machine à laver….) et des produits de large consommation (sacs de semoule de 25 ou 50 kg….). Les locataires sont multiplement pénalisés. Le phénomène n'est pas propre à la cité des Allées du 20-Août-55. Celles des Frères-Khaldi, de Bouabaz… sont également concernées. Inconsciemment, on perd ici l'occasion de créer de l'emploi. «Les jeunes auront été les grands bénéficiaires de la marche des ascenseurs. Un groupe dans chaque tour, munis de tickets, aura ainsi grandement contribué à renflouer les caisses de l'OPGI», nous indique un cadre. Selon des sources non confirmées, «la facture de location délivrée par l'OPGI inclut d'une manière voilée les charges de l'ascenseur, et aussi de la concierge, dont s'acquitteront les locataires». Habiter dans une tour sans ascenseur et sans femme de ménage (ce qui est valable pour toutes sortes d'immeubles), ne serait-ce pas là une autre atteinte aux droits de l'homme et au cadre de vie '
Zaid Zoheir
POUR CAUSE DE 80 LOGEMENTS INOCCUPES À LA CITE CASSIS
Les travailleurs du GL1K observent leur 3e sit-in hebdomadaire
Les employés du GL1K ont observé, dans la matinée d'hier lundi, de 8h à 9h05, un sit-in devant le pôle 2, faisant office de deuxième entrée du complexe, au sein de la zone industrielle de Skikda. C'est le troisième sit-in, après ceux des deux lundis passés. Leur principale revendication est relative au problème des logements de la cité Cassis. Selon un cadre syndical, 80 logements sont toujours inoccupés, alors qu'une partie des travailleurs est toujours à la recherche d'un toit. Du côté des décideurs, c'est toujours la même réponse : les logements inoccupés sont réservés aux cadres se déplaçant à Skikda dans le cadre des projets énergétiques. En attendant que le P-dg de Sonatrach, Abdelmadjid Zerguine, ou le vice-président Aval, Benchouia Abdelkader, prennent les mesures qui s'imposent, les contestataires menacent d'observer deux sit-in hebdomadaires au lieu d'un seul, comme cela a été décidé il y a deux semaines. «Nous allons inscrire le jeudi comme une deuxième journée de protestation hebdomadaire », dira le cadre syndical. Pour rappel, le premier sit-in a eu lieu le 1er octobre et enregistré la participation de 35 employés ; le second, le 8 du même mois, a vu 72 employés débrayer, le troisième et pas le dernier a enregistré la mobilisation de 100 travailleurs. C'est dire que l'adhésion pour dénouer un problème qui n'a que trop duré va crescendo.
Zaid Zoheir
GUELMA
Arrestation d'un dangereux arnaqueur
Les éléments de la police judiciaire de Guelma ont appréhendé, cette semaine, un dangereux malfaiteur, auteur de plusieurs délits, à bord d'un véhicule dans un barrage de police au centre-ville. Le prévenu est présumé coupable de plusieurs affaires d'escroquerie et de malversations financières qui lui ont permis d'empocher d'importantes sommes d'argent auprès de deux commerçants de la wilaya de Tarf. L'accusé a été déféré devant le magistrat instructeur près le tribunal de Guelma, ce dernier a ordonné sa mise en détention provisoire, en attendant les suites de l'enquête.
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