Skikda - A la une

Le mal-vivre des écoliers



Le mal-vivre des écoliers
Pathétique ! Des dizaines d'élèves ont manifesté dimanche dans la ville de Skikda, pour protester contre la mort d'un des leurs, assassiné près de son collège. Victime d'une attaque sauvage, le jeune collégien est mort des profondes blessures provoquées par des coups de couteaux. La manifestation contre la violence qui sévit pratiquement à l'état endémique dans le système scolaire algérien s'est déroulée avec la participation des parents d'élèves, aujourd'hui paniqués par l'absence de sécurité aux abords des écoles. Cette violence dans et en dehors du milieu scolaire est devenue depuis quelques années un phénomène inquiétant, sans que le ministère de l'Education, encore moins les autorités locales, ne fassent quelque chose pour lutter contre ce phénomène, qui a pris de l'ampleur, et fait peur aux parents d'élèves. Car de tels meurtres d'écoliers, il y en a eu plusieurs l'année dernière, dont un est particulièrement révoltant, et qui s'est passé dans la wilaya d'Alger. Parce qu'il portait un survêtement comme vêtement, un jeune collégien a été prié de quitter la salle de cours par son enseignante ; dehors, il a été également prié de quitter l'école. Il sort et attend près de l'école que l'heure du cours s'achève. Entretemps, un voyou s'amène, et l'admoneste, avant de lui porter un coup de couteau, qui l'a tué sur le coup. A qui la faute ' En fait, la violence dans l'environnement scolaire est devenue tellement banale, que même le ministère, si ce n'est la première responsable du secteur, promet des mesures, sans jamais les réaliser, ni suivre leur application. Paroles en l'air ' Au mois de novembre 2015, elle avait promis de lutter plus efficacement contre la violence en milieu scolaire. «Etablir un plan de priorité est fondamental dans la prise en compte d'un certain nombre de mesures qui viseraient à limiter la violence en milieu scolaire», avait-elle déclaré en marge d'une journée intitulée «Parlement de l'enfant» à l'Assemblée populaire nationale (APN). Depuis, le nombre d'enfants, d'élèves assassinés près de leurs écoles a augmenté. La manifestation des élèves du collège Bourenane Heddam de Skikda n'est pas seulement un raz-le-bol d'enfants pris dans un dramatique engrenage de la violence en milieu scolaire, mais le cri de détresse de millions d'enfants qui vont chaque jour à l'école la peur au ventre. Parce qu'ils savent qu'en cas d'agressions, ils n'auront que leurs jambes pour les sauver d'une faune sauvage, qui maraude aux abords des écoles, sans être inquiétée. De combien d'enfants assassinés doit-on faire le macabre décompte pour que des mesures sérieuses et durables soient prises pour occire ce phénomène, qui a pris en otage autant l'école que la société algériennes ' Car parler des réformes de l'école algérienne, c'est également lui assurer un environnement social sain et la prémunir des prédateurs, qui menacent sa sécurité, sa survie et celle de ses pensionnaires. Sinon, on sera tous complices et responsables de morts d'enfants.
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