Si Naftal refuse de prendre à son compte la tension sur le carburant qui sévit depuis maintenant plusieurs jours à l'ouest du pays, la distribution n'est qu'une seule partie de l'énigme qui fait avaler les pires couleuvres aux automobilistes de l'Ouest, voire de certaines autres régions du pays.
Ce qu'on se garde d'énoncer, c'est que l'Algérie n'a pas arrêté ' depuis l'été dernier surtout ' d'acheminer des quantités de gasoil depuis l'étranger pour satisfaire une demande nationale croissante.
D'autant plus que le parc automobile tend de plus en plus à «se diéseliser». D'après certaines informations, l'Algérie a commandé 330 000 tonnes de gasoil en juillet et août 2011. Il semble également que le pays ait importé 130 000 tonnes de super sans plomb pour une valeur d'environ 130 millions de dollars pour le seul mois de juillet 2011. Le marché semble dans une situation de forte demande de ces deux carburants, dont le premier est traditionnellement importé tandis que la non-disponibilité du second est en relation avec des facteurs technico-économiques. Les chiffres les plus récents en matière d'importation de gasoil font état d'une facture en évolution perpétuelle.
Dans les années 2005 et 2006, le pays importait pour environ 200 millions de dollars annuellement, mais la somme a été multipliée en 2009 compte tenu de l'évolution fulgurante du nombre de voitures roulant au gasoil. Sonatrach, l'autorité compétente en charge de cette question, évitait jusqu'ici d'aborder ce sujet, même en pleine tension sur le carburant, dont Naftal ne semble pas encore reconnaître ses torts.
D'après les experts, dont Abderrahmane Mebtoul ' ancien cadre à Sonatrach, au ministère de l'Energie et des Mines et auteur d'un récent rapport intitulé «Simulation pour une nouvelle politique des carburants en Algérie» ' cette situation était prévisible en raison d'un défaut de politique cohérente des carburants, des prix et d'un modèle de consommation énergétique clair. Si la «diésélisation» du parc automobile a suivi une logique purement économique (le gasoil est moins taxé que les autres carburants), la facture de son importation a fortement augmenté, contrairement aux prix qui, de prime abord, ont évolué suivant un rythme plus ou moins stable.
Pour ce qui est de l'essence super sans plomb, il était prévu, dès 2011, qu'une tension sévirait sur le marché interne, compte tenu de l'insuffisance des quantités pompées par les raffineries, mais aussi de l'arrêt annuel programmé de certaines (dont celle de Skikda) pour des mesures d'entretien et de maintenance. C'est ainsi que le marché devait évoluer, sur la période fin 2011-début 2012, avec une rupture de l'équilibre entre la demande et l'offre en matière d'essence sans plomb. Les instances en charge de cette question, dont Sonatrach, semblent n'avoir pas su braver la menace. Les quantités nécessaires pour satisfaire le marché en sans plomb évoluaient en hausse depuis septembre.
Cependant, les importations qui devaient approvisionner le marché durant les arrêts (prévus pour fin 2011 pour l'unité de production d'Arzew et le 2e trimestre 2012 pour Skikda) ne suivaient pas le rythme du marché, dont la tendance tend vers une surconsommation de l'essence super sans plomb. Faut-il préciser que la raffinerie de Skikda produit la majorité de l'essence sans plomb, en attendant les projets de raffinerie toujours en souffrance dans les tiroirs du gouvernement, dont celle de Tiaret ainsi que le projet d'adaptation d'autres unités existantes aux nouvelles normes de raffinage. Ce projet de normalisation des produits algériens raffinés répond aux nouvelles exigences des standards mondialement admis en la matière, mais aussi à l'évolution des technologies en matière de fabrication de voitures.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ali Titouche
Source : www.elwatan.com