Skikda - Phare du Cap Bougaroun	(Commune de Kanoua, Wilaya de Skikda)

Le Cap Bougaroun et son phare



Le Cap Bougaroun et son phare

Le Cap Bougaroun (en arabe : رأس بوقارون, Ras-Bougaroun, signifiant « Cap aux Cornes » ou « Cap Cornu ») ou encore les Sept-Caps (Sebâ Rous) est un promontoire situé en Algérie, dans la wilaya de Skikda. Il constitue l'extrémité occidentale du golfe de Skikda, à l'opposé du cap de Fer, et forme la plus importante péninsule de la côte algérienne. Géographiquement, il est localisé à environ 28 km à l'ouest de la ville de Collo, avec des coordonnées précises de 37° 05′ 16″ nord et 6° 28′ 03″ est. Son extrémité est le point le plus avancé au nord de toute la côte d'Algérie, et par extension, le point le plus septentrional d'Afrique du Nord.

Le cap est bordé par la mer Méditerranée et se distingue par des massifs rocheux recouverts d'une forêt épaisse de chênes-lièges. La région est arrosée par des précipitations abondantes (environ 2 mètres de pluie par an au Bougaroun), favorisant une végétation luxuriante, mais le terroir est exigu, limité par des montagnes escarpées. Collo, la ville la plus proche, vit en grande partie de l'exportation de produits forestiers et dispose d'un mouillage médiocre pour la navigation.

Histoire

Au Ier siècle, le cap était connu sous le nom de cap Trêton (du grec ancien Τρητόν, signifiant « Cap Troué, Percé ou Ciselé ») selon la Géographie de Strabon. Il marquait alors la limite entre les royaumes numides des Massaesyles (à l'ouest) et des Massyles (à l'est). Dans l'Antiquité, la région voisine, comme l'île de Srigina (à moins de 2 miles à l'est de Skikda), servait de refuge aux galères phéniciennes, avec un nom possiblement dérivé du punique « Rusgunia » (cap de la crique).

Durant la Seconde Guerre mondiale, le 6 novembre 1943, la Luftwaffe allemande lança une attaque aérienne au large du cap contre le convoi allié KMF-25A, composé de 26 navires de transport escortés par 15 navires de guerre. Cette opération, connue sous le nom d'« Action off Cape Bougaroun », entraîna la perte de six navires alliés et l'abattage de six avions allemands.

Aujourd'hui, le cap est un site touristique prisé pour ses plages environnantes (comme Tamanart) et ses circuits naturels reliant Collo, Zitouna, Oued Zhor, El Milia, Jijel et Béjaïa.

Le Phare de Cap Bougaroun

Le phare de Cap Bougaroun est un phare d'atterrissage construit sur le promontoire du cap, marquant l'entrée ouest de la baie de Skikda. Il est géré par l'Office national de signalisation maritime (ONSM) et fait partie des 22 phares algériens, tous érigés à l'époque coloniale française.

Histoire de la construction

Les travaux débutèrent en 1869 avec la création d'un premier feu fixe de 25 milles de portée (environ 46 km). Cependant, la construction de la tour actuelle, une structure en maçonnerie octogonale, s'étendit jusqu'en 1911 en raison de retards causés par les guerres et crises en France et dans ses colonies (années 1870), les difficultés d'accès et de transport, et la priorité accordée à d'autres phares comme celui du Cap de Fer (achevé en 1907). Avant la colonisation, seuls des fanaux rudimentaires existaient sur les côtes algériennes, souvent près des abris pour les vaisseaux barbaresques.

Le phare s'inscrit dans un programme plus large d'éclairage côtier lancé par la Commission Nautique de l'Algérie en 1843, complété par la Commission des Phares en 1861. Des améliorations techniques, comme l'électrification (dès 1924) et l'ajout de radiophares (prévu dans les années 1930-1940), ont été apportées au fil du temps. Il est parfois surnommé « la tombe des navires » en raison des dangers maritimes de la zone.

Caractéristiques techniques

  • Structure : Tour octogonale en maçonnerie, ressemblant à un petit mausolée surmontant un rocher. Elle est érigée sur un massif rocheux élevé.
  • Portée initiale : 25 milles nautiques (feu fixe de 1869).
  • Localisation administrative : Commune de Kanoua (Zitouna), wilaya de Skikda.
  • Autres détails : Le phare est intégré à un ensemble de sept caps (« Sept-Caps »), et son emplacement isolé en fait un point stratégique pour la navigation en Méditerranée.

Faits notables

Le phare ajoute à la magie des lieux, avec sa vue panoramique sur la presqu'île boisée. Il est documenté dans des ouvrages comme Les phares d'Algérie de Zinedine Zebar et Mohamed Balhi (Casbah éditions, 2015), qui relate un périple photographique le long des côtes algériennes. Des photos récentes montrent son état préservé, et il reste opérationnel pour guider les navires.

 
Aspect Détails
Localisation Wilaya de Skikda, Algérie (37°05'16"N, 6°28'03"E)
Date de construction 1869-1911
Type Phare d'atterrissage, tour octogonale en maçonnerie
Portée 25 milles nautiques (initiale)
Gestion Office national de signalisation maritime (ONSM)
Événements historiques Attaque Luftwaffe (1943) ; Limite numide antique

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