Ces praticiens revendiquent la régularisation de leur situation administrative avec rappel sur salaire, la reconnaissance des années d'expérience, le droit à la formation continue et la réhabilitation des commissions paritaires.
Des représentants de plus de 70 médecins généralistes exerçant au nouvel hôpital de Skikda se sont rapprochés dernièrement de nos bureaux pour faire part de leur «grande désillusion». Contractuels et employés dans le cadre du pré-emploi, ils se disent «victimes d'une grande injustice qui perdure». Pleins de ranc'ur, ils admettent très mal le fait qu'ils continuent à percevoir une indemnité «inférieure à la rémunération d'un agent d'entretien». Même s'ils jugent qu'il n'y a pas de sot métier, ils assimilent néanmoins leurs maigres revenus à du «mépris à l'encontre des médecins». Et d'ajouter: «Nous ne comprenons pas le fait qu'on confirme des médecins exerçant au niveau d'autres établissements hospitaliers et que nous restions en marge d'un tel droit alors que c'est vers nous que sont orientés, le plus souvent, les malades de ces mêmes structures.
On semble reconnaître nos compétences en nous envoyant des malades que nous accueillons par devoir et dans les meilleures conditions possibles mais on nous ignore quand il s'agit de nomination à des postes permanents. C'est incompréhensible», s'indigne l'un d'eux. Ils mettent également en exergue ce qu'ils qualifient d'injustice en rappelant que les postes budgétaires accordés par l'Etat au profit de la corporation se trouvent souvent «engloutis dans des permutations», alors que «des médecins contractuels travaillant dans ces mêmes structures depuis 2005 restent encore marginalisés». Dans une correspondance adressée à la direction de la santé, et dont une copie nous a été remise, ces praticiens avancent un ensemble de revendications et citent, entre autres, «la régularisation de leur situation administrative avec rappel sur salaire, la reconnaissance des années d'expérience, le droit à la formation continue et la réhabilitation des commissions paritaires».
En finir avec la précarité professionnelle '
Dans leur conclusion et même s'ils ne font que le suggérer, les signataires de la lettre laissent nuancer un éventuel durcissement de cette montée au créneau tout en souhaitant, cependant, une suite favorable à leurs doléances pour éviter «de porter préjudice aux malades et à l'image du métier».
Pour sa part, le directeur de la santé et de la population de (DSP), Damech Mohamed Nacer, qui nous a aimablement accordé un entretien, a tenu à préciser qu'il avait reçu un groupe de représentants de «cette jeune élite», dont il est très fier, avant de rappeler que les postes d'emploi relèvent des prérogatives des établissements hospitaliers qui les pourvoient sur concours en plus d'autres paramètres tels que la note du dernier semestre. Et de poursuivre: «Ecoutez, je suis extrêmement sensible quant à la situation de cette élite et je souffre, autant qu'eux d'une situation qu'on se doit d'assainir. Je suis aussi fier de les voir exercer dans les mécanismes de l'Etat et de porter leur blouse blanche. Déjà, ils disposent au moins d'une certaine expérience, ce qui représente un grand acquis.»
Pour la revendication relative à la nécessité de leur accorder plus de chance pour en finir avec une précarité professionnelle qui n'a que trop duré, le DSP dira: «Vous convenez qu'on ne pourra jamais satisfaire plus de 300 médecins en ne disposant que d'une vingtaine de postes. Le nombre de mécontents reste toujours plus important quoi qu'on fasse.» Se montrant plus rassurant, il ajoutera: «Mais je peux vous garantir que l'année 2012 sera différente des autres. On n'aura plus 20 postes seulement comme dans le passé, nous disposerons d'un quota beaucoup plus conséquent, ce qui nous permettra de répondre à une grande partie des demandes. Ce n'est pas une promesse mais un acquit obtenu grâce aux efforts du wali en personne ainsi que la DSP qui ont déjà tout entrepris auprès des services centraux pour améliorer la situation globale du secteur dans la wilaya. Ce que je peux vous dire pour le moment c'est que le ministre de la Santé reste très sensible quant au redressement du secteur dans notre wilaya, et il nous a promis de nous soutenir avec tous les moyens nécessaires.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Khider Ouahab
Source : www.elwatan.com