
La 10e édition des Journées cinématographiques de Béjaïa, dont le coup d'envoi a été donné samedi, se poursuivra jusqu'au 15 juin. C'est avec la projection du dernier film documentaire de Malek Bensmaiïl, La Chine est encore loin, que ces journées ont commencé. Le film ' le titre n'évoque pas le contenu ' retrace le vécu d'un village des Aurès, celui de Ghassira en l'occurrence, et met en avant les rapports de ses habitants avec l'histoire, la langue, la religion, la place faite aux femmes. Sans trame réelle, l'auteur présente une multitude de sujets sans en traiter aucun, préférant laisser la parole à ses protagonistes, pour dire simplement leur vécu, leur déception et leur rêve. Le premier coup de projecteur, s'ouvre sur la mort d'un couple d'enseignants et d'un caïd, à Ghassira, la nuit du 1er Novembre 1954, et s'éteint, en 2010, sur une excursion d'écoliers vers une plage de Skikda. Le fil conducteur, entre les deux scènes, reste l'école du village qui, un demi-siècle après l'indépendance, est toujours là, prodiguant toujours le savoir, mais avec une conception éducative différente. La langue française y a perdu de sa superbe et les potaches ne s'y intéressent plus au grand désarroi du maître d'école, qui peine à trouver la bonne méthode pour son enseignement. Par un curieux hasard, l'histoire s'invite dans l'établissement à cause des circonstances de la mort de ses anciens occupants. Plusieurs versions y sont colportées, et les anciens du village peinent à livrer une approche unique, supposée pourtant être un fait de guerre majeur, en cette nuit de la Toussaint. Ainsi va le film, égrenant les sujets mais pour dire une seule chose : l'intérêt de la connaissance et du savoir, qu'il faut ramener, conformément au hadith du prophète (QSSSL) y compris, d'une contrée aussi lointaine que la Chine. L''uvre en fait pose plus de questions qu'elle n'en résout. Elle pose, en deux heures de projection, tout le débat sociétal post-indépendance et augure déjà de la suite du programme de cette manifestation qui, à l'évidence, va soulever des questions analogues. Cette manifestation constitue, selon l'expression consacrée, un lieu d'échanges entre les producteurs et les amateurs de cinéma, ceux qui font des films et ceux qui les regardent. Elle est organisée par l'association locale «Project-heurts». Une trentaine de films, longs et courts métrages et même documentaires, y sont programmés.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com