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L'intolérable souffrance des élèves de Béni Béchir En attendant la réalisation du lycée



L'intolérable souffrance des élèves de Béni Béchir En attendant la réalisation du lycée
En l'absence d'établissement secondaire dans leur localité, les lycéens sont contraints de faire 7 km au quotidien pour rallier Ramdane Djamel, et sans même bénéficier de la restauration de midi.La scène se passe juste devant l'entrée du lycée de Ramdane Djamel. Il est midi. Une partie des lycéens reste dans la cour pour rejoindre la cantine de l'établissement, l'autre partie sort. A priori ceci paraît si banal. A priori seulement, car quinze minutes après, on assiste à une autre scène : des groupes de lycéens reviennent les mains chargées de sachets transparents pleins de jus, de pizza, de pain, de fromage, de thon, de bouteilles d'eau minérale' «On est sortis pour acheter de quoi manger ; la cantine du lycée ne peut pas subvenir aux besoins de tous les élèves», répond machinalement une lycéenne.
Amusés par le jeu des questions-réponses, les lycéens se laissent aller et témoignent. «La majorité d'entre nous habite à Béni Béchir, à plus de 7 km de Ramdane Djamel ; on ne peut pas rentrer à midi alors on doit se débrouiller. La direction de l'établissement nous a promis de régler ce problème cette semaine. On l'espère», déclare un lycéen. Une autre lycéenne, petite comme trois pommes, s'immisce dans le débat : «Notre problème ne se limite pas à la cantine. On est fatigués par cet éternel va-et-vient et par les contraintes du transport. Nous voulons enfin un lycée près de chez nous. Nos parents ont passé leurs études secondaires en nomade à Skikda et à Ramdane Djamel et on ne veut pas revivre le même calvaire.» Voilà qui est dit.
Trois bus pour plus de 400 lycéens
Pour comprendre la ranc'ur de ces lycéens, il suffit juste d'assister au ramassage scolaire qui se fait chaque jour. Les trois bus de l'APC sont constamment pris d'assaut car ne pouvant garantir la virée scolaire Béni Béchir-Ramdane Djamel à plus de 400 élèves. Ceux qui n'auront pas la chance de disposer d'une place doivent se rabattre sur le privé avec tous ses tracas. «Dans le lycée de Ramdane Djamel, on reconnaît facilement les élèves de Béni Béchir; ce sont ceux qui arrivent en retard, chaque jour que Dieu fait», ajoute la petite lycéenne. Des parents reconnaissent que la direction de l'établissement se plie en quatre pour satisfaire tous les lycéens. «C'est certainement le lycée le plus peuplé de la wilaya avec 1510 élèves dont le 1/3 vient de Béni Béchir et de ses environs. Les responsables de l'éducation font de leur mieux et nous les en remercions, seulement le problème est plus profond et mérite une attention particulière des pouvoirs publics.
Il n'y a pas que les élèves de Béni Béchir qui subissent cette situation, leurs camarades de Ramdane Djamel aussi se retrouvent obligés d'étudier dans des conditions assez difficiles vu le nombre impressionnant d'élèves», précise un parent d'élève. Le même constat est relevé par Youcef Chaouit, président du bureau de wilaya de la fédération nationale des parents d'élèves. Il estime que la surcharge des classes du lycée de Ramdane Djamel se répercute même sur le désir des responsables de l'éducation de récupérer une partie des élèves orientés vers la vie active et de leur permettre de disposer d'une seconde chance. «Le lycée de Ramdane Djamel joue effectivement un grand rôle dans la région en assurant à lui seul la scolarisation des élèves d'une immense région qui va des frontières de Beni Béchir et d'El Hadaïak jusqu'aux limites géographiques de Leghdir, de Azzaba et de Salah Bouchaour . C'est une situation inconfortable pour les lycéens et aujourd'hui, il est temps de penser à doter la région d'un nouveau lycée», explique-t-il.
L'assiette foncière existe
Béni Béchir mérite-t-elle de disposer d'un lycée ' A cette question, M. Chaouit répond : «Moi je dirais plus'elle est même en retard. En attendant que ce projet voie le jour, nous proposons d'ouvrir une annexe au niveau du nouveau CEM de cette commune pour limiter les souffrances des élèves et pour alléger aussi la situation au lycée de Ramdane Djamel. Il ne faut pas oublier que le nombre de lycéens de Béni Béchir suffit pour occuper au moins 10 salles de 50 élèves chacune.» Cette même proposition est soutenue par Rejem Soltane, président de l'association des parents d'élèves du CEM Houhou, de Béni Béchir. «Notre commune est connue pour être très pauvre.
On a de tout temps demandé à ce qu'on la dote d'un lycée mais à chaque fois on se contente de nous répondre que pour bénéficier d'une telle infrastructure, il nous faut d'abord disposer de deux CEM. Aujourd'hui, Dieu merci, on a deux CEM et la commune dispose en plus d'une assiette foncière pouvant accueillir le projet. Cette revendication est très soutenue par la société civile locale et nous profitons de cette occasion pour renouveler notre appel aux autorités locales», conclut notre interlocuteur. Puisse cet appel trouver un écho. Il est quand même désolant de constater que des élèves d'une commune non enclavée et qui représente une vitrine de Skikda continuent encore de se nourrir de repas froids et de se retrouver dehors à 6h du matin pour pouvoir rejoindre leur lycée.
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