L'automédication est une pratique qui s'inscrit dans les mœurs. Ses adeptes se recrutent au sein de différentes catégories sociales. Négligence, nostalgie, «legs» parental, méfiance vis-à-vis des praticiens de la santé… sont autant de facteurs incitateurs.
Abdou, 52 ans, cadre à la zone industrielle de Skikda
«Je suis un adepte de l'automédication depuis des années. Je garde de mon enfance une image référentielle : les sachets d'aspirine que l'on achète chez l'épicier du coin. Donc, j'y recours par nostalgie. De toute façon, cela reste mon avis, pour les maux de tête, les maux d'estomac, les maux de gorge et les courbatures, on n'a pas besoin de médecin. La preuve, je prends du paracétamol quand j'ai de la fièvre, une douche froide accompagnée d'un sommeil lorsque j'ai un mal de tête.»
Fatima, 49 ans, institutrice
«J'ai des crises chroniques du côlon depuis plus d'une décennie. Les nombreuses consultations médicales m'ont permis d'apprendre par cœur les médicaments à prendre. Je connais aussi les médicaments à consommer lorsque la crise est accompagnée d'une diarrhée. C'est dire que depuis un certain temps, j'ai pu me passer du conseil d'un médecin ou d'un spécialiste.»
Dounia, 24 ans, diplômée de l'INSFP
«C'est en de rares occasions que je me déplace chez le médecin : c'est lorsque je lui fais confiance. Sinon, je me débrouille toute seule : un suppositoire à la glycérine pour la constipation, du paracétamol pour des douleurs dentaires. Et le soulagement est au bout ! Récemment, j'ai eu une douleur au cou, mon père m'a acheté une pommade, et après un traitement de quelques jours, je ne ressentais plus rien.»
Zoubir, 51 ans, praticien de la santé publique
«C'est un risque que sont en train de prendre ces gens-là. Le non-respect de la posologie et la durée du traitement provoquent un énorme danger de santé publique. Il y a aussi le fait que le malade puisse développer, sans qu'il le sache, une pathologie pour laquelle le médicament pris est néfaste. On peut fermer l'œil sur la levée de l'urgence : le patient consomme des pilules pour éviter des complications de sa maladie. Mais, le lendemain, il doit prendre attache avec un médecin. Car à la longue, la généralisation de la pratique de l'automédication appelle à une question : à quoi servira donc le praticien si tout le monde s'amuse à faire de l'auto-consultation '»
Radia, 23 ans, universitaire
«C'est ma mère qui nous administre les médicaments. Par exemple, quand j'ai des douleurs dorsales, elle me conseille Voltarène 75 mg quand c'est atroce, et 50, quand c'est léger. Je vous donne également le cas de la fausse couche de ma cousine, accompagnée par des écoulements de lait.
«Je suis un adepte de l'automédication. Je garde de mon enfance une image référentielle : les sachets d'aspirine que l'on achète chez l'épicier du coin. Donc, j'y recours par nostalgie.»
Lorsque cette dernière a rendu visite au médecin, ce dernier lui a prescrit des médicaments. De retour à la maison, c'est ma mère qui a relevé les médicaments qui lui ont causé cette pathologie. Chose que confirmé le médecin. Donc, ce dernier s'est trompé. Heureusement que ma mère est une chevronnée en consommation médicamenteuse».
Kader, 45 ans, cadre de l'administration
«Généralement, j'évite le médecin quand il s'agit de grippe pas très grave, de diarrhée ou de maux de tête. Je juge utile, surtout lorsque cela a donné de bons résultats dans le passé, d'aller dans une officine ou chez un herboriste. Mais lorsque la situation empire, quand ça dépasse les 4 ou 7 jours, le recours au médecin devient impératif, voire urgent.»
Rachid, 31 ans, cadre dans un organisme privé
«Le recours à l'automédication est une manière pour moi de découvrir les remèdes. Au préalable, je surfe sur le Net pour en connaître les principaux, pouvant être utilisés pour telle ou autre pathologie. Sitôt mon égo satisfait, je peux, lorsque je constate que la guérison n'a pas été au bout du traitement, consulter un médecin. Préconiser l'automédication est pour moi, dans la majorité des situations, l'option appropriée pour lever l'urgence.»
Lotfi, 43 ans, investisseur
«C'est dans le cas extrême seulement que je consomme des médicaments, le plus souvent contre les maux de tête et d'estomac et les douleurs dentaires. Je m'en tiens quand même au respect de la posologie. Au cas où la pathologie persiste, je cours chez le médecin.»
Taher, 32 ans, cadre à la wilaya «Oui, à plusieurs reprises.
Quand je connais la maladie et les médicaments, je n'ai pas besoin de voir le médecin. Je consulte quand il s'agit d'allergies ophtalmiques, d'abcès ou de grippe et lorsque je récidive pour telle ou autre maladie pour laquelle le médecin m'a prescrit des médicaments. Il y a aussi un cas à relever : des médecins qui donnent le même médicament pour tous les malades. Cela m'a un peu encouragé à consommer le même médicament à chaque rechute.»
Lamine, 49 ans, agent à l'APC
«J'achète tout seul des médicaments pour le traitement des infections ophtalmiques. Ce sont des médicaments à consommer dans une durée ne dépassant pas les 15 jours, donc, au-delà de ce délai, et lorsque je constate que des larmes coulent de mes yeux, je cours chez le pharmacien le plus près pour acheter deux autres flacons. A chaque apparition des symptômes, c'est ce traitement que je m'auto-prescrits».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zaid Zoheir
Source : www.lesoirdalgerie.com