Skikda - A la une

Des résistantes dans un no man's land



Des résistantes dans un no man's land
Détrompez-vous ! Elles jouent au football sans être des «garçons manqués», comme la misogynie ambiante a souvent tendance à stigmatiser toute fille qui «tape dans un ballon».Elles ont le charme de leur jeunesse et le courage de revendiquer ouvertement le droit d'aimer et de pratiquer leur sport favori.Elles ont trouvé dans le club Fraternité et Jeunesse de Skikda (FJS) une belle aubaine pour assouvir cette passion. Hassiba, Hassina, Imane, Aïda et les autres sont âgées de 16 à 25 ans. Elles sont 25 jeunes filles originaires de Skikda, Azzaba, El-Tarf, Khenchela, Béjaïa et Souk Ahras à former le club féminin local qui évolue dans la poule Play-Down du championnat national de football. «On aspire à regagner notre place dans la poule d'excellence après la trêve.On a les moyens de le faire, nous avons juste besoin qu'on nous aide matériellement pour réaliser ce rêve», dixit Hassina Nemiri, une jeune du quartier populaire Diar-Ezzitoune de Azzaba.La FJS reste l'unique club de football féminin à Skikda. En plus des seniors, le club comprend aussi des équipes U17 et U20, autant dire une pépinière. Les joueuses originaires des autres wilayas du pays sont en majorité des étudiantes inscrites à l'université de Skikda. Habiba Aliout, «la petite Draoui», venue du quartier de la CIA, dans la ville de Skikda, évoque le palmarès du club, en rappelant qu'elles ont joué trois demi-finales qu'elles avaient perdues.«Avec un peu plus de moyens, on aurait fait mieux», assure-t-elle.En évoquant le volet d'aide et de subventions, Abdelbaki Bouchaour, l'entraîneuse des filles, prend le relais : «C'est vrai que la DJS nous aide, mais nous espérons que d'autres institutions contribueront, elles aussi. Quand on joue dans le championnat national, on a besoin de beaucoup de moyens.»Pour appuyer cette quête, il citera le seul exemple des frais de transport des joueuses. «Pour nous déplacer à Touggourt, par exemple, il nous faut louer un bus pour au moins trois jours successifs, et quand on sait qu'une seule journée de location nous revient à 10 millions de centimes, on comprend alors que les subventions risquent de ne couvrir que les frais de déplacement.Comment pourra-t-on assurer en plus les frais de la restauration, des tenues, etc. C'est pour cette raison que nous faisons appel à l'APC de Skikda pour qu'elle nous aide à pérenniser cette pratique sportive féminine qui a tendance à disparaitre», expliquera-t-il. Voilà qui est dit. Le ballon est désormais dans le périmètre des responsables locaux. Feront-ils un geste ' Espérons-le, rien que pour préserver le sourire de cette belle jeunesse.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)