Skikda - A la une

Des actionnaires accusent un liquidateur de falsification de contrat



L'ouverture des dossiers de corruption et de dilapidation des biens de l'Etat concernant surtout la cessation d'entreprises publiques au dinar symbolique a fait renaître un brin d'espoir au sein des anciens travailleurs d'un fleuron de l'industrie textile, l'ex-Ciba d'Azzaba, qui espèrent se retremper encore une fois dans l'ambiance des ateliers de tissage. Le complexe textile Sibatex (ex-Ciba), qui employait 700 travailleurs, est considéré comme le principal pourvoyeur d'emplois dans cette ville située à une trentaine de kilomètres à l'est de Skikda, et dans toutes les communes de la zone est de cette wilaya. Ce complexe fournissait, essentiellement, des équipements sportifs pour le marché algérien et même africain. C'était une aubaine pour les petits clubs sportifs sans ressource pour s'équiper à des prix très compétitifs sur le marché national. L'importation tous azimuts a certainement freiné l'essor de ce complexe qui connaissait alors ses débuts de problèmes financiers faute d'un management répondant aux exigences de la concurrence. En outre, la nouvelle caste de dirigeants sportifs évite de s'équiper auprès de cette entreprise publique vu que les achats sont facturés à leur juste valeur. Face à la série de privatisations des entreprises publiques, l'ex-Ciba n'a pas résisté aux coups de boutoir des privés voraces qui ont réussi à s'approprier un fleuron de l'industrie textile pour le transformer ensuite en un centre commercial et ses succursales extra-muros revendues ou louées faisant fi du cahier des charges, selon des représentants d'anciens travailleurs du complexe. Tous ces travailleurs ont été renvoyés avec une indemnité considérée comme dérisoire vu l'importance de ce complexe qui compte, outre ses structures annexes, à savoir les ateliers de tissage, des succursales situées dans les communes voisines d'Essebt et d'Aïn Charchar et cinq points de vente dans d'autres villes. D'ailleurs le complexe industriel des textiles Ciba est intimement lié à cette ville, car quand on dit Ciba on pense à Azzaba et quand on dit Azzaba ce complexe vient immédiatement à l'esprit. Un groupe de travailleurs de ce complexe, qui a intenté une action en justice en 2015 et qui traîne toujours, est revenu à la charge en cette conjoncture pour intenter une action en justice tout en exigeant une nouvelle enquête judiciaire sur la falsification et faux et usage de faux concernant deux gestionnaires de ce complexe et le liquidateur. Ils nous expliquent que, faute de quorum pour une vente à la majorité, des retraités qui ne sont pas actionnaires ont été comptabilisés dans le conseil d'administration. Ces travailleurs actionnaires, contrairement à d'autres, n'ont pas signé le contrat de cession et ont refusé les indemnités, considérant que le contrat de vente collectif est entaché d'irrégularités, l'estimant même comme une falsification de documents officiels. Nos interlocuteurs expliquent que le groupe de travailleurs qui a signé le contrat de vente a été berné par une indemnité dérisoire dans l'espoir que la reprise de ce complexe par les nouveaux preneurs apporte la valeur ajoutée qui a manqué à l'usine pour se développer. Des travailleurs nous ont rapporté comme preuve, grâce à des vidéos, qu'un important matériel, qui était emmagasiné dans l'ancienne structure de Ciba, a disparu. L'affaire est actuellement au niveau de la Cour suprême. En tout état de cause, les travailleurs comptent bien se réapproprier leur outil de travail.
A. Boukarine
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